lundi 13 décembre 2010

The day after tomorrow


Mercredi 8 décembre 2010. L'Ile-de-France est en état de siège. Dans les rues des villes de banlieue, des automobilistes essaient désespérément de fuir pendant que partout retentissent les sirènes des pompiers. Un capot ouvert et fumant par ci, une voiture en travers de la route par là. Scènes dignes des meilleurs films catastrophes américains des 20 dernières années.

Et qu'est-ce qui provoque ce chaos? Godzilla? Une attaque alien? Le déluge? Le retour de la tempête de 99? L'explosion d'un site classé Seveso?

Du tout. Vous n'y êtes pas. Les responsables de toute cette pagaille (car il faut bien appeler un chat un chat), ce sont 15 malheureux centimètres de neige. Pas 40, comme à Lyon une semaine plus tôt. Pas trois mois d'enneigement consécutifs, comme en Europe du Nord ou dans les stations alpines. 15 centimètres de neige tombés en 4 heures ont totalement paralysé la région la plus riche d'Europe occidentale.

Dingue? Non, pas tant que ça, quand on sait qu'un simple coup de frein d'un automobiliste rêveur sur l'A86 peut provoquer un bouchon s'il est donné aux abords du Stade de France un vendredi à 17h. Que n'a-t-on pas entendu comme commentaires railleurs sur le Parisien et sa conduite suite à cet épisode malheureux et ubuesque! Le Francilien ne sait pas conduire sous la neige, le Francilien roule comme un fou et ne prend pas garde à la signalisation et il ne faut pas s'étonner si le Francilien finit bloqué dans un capharnaüm géant on ice.

Je ne suis pas prompte à défendre le Francilien roulant. La récente acquisition d'un véhicule muni d'une plaque "provinciale" a achevé de me convaincre du caractère belliqueux et impatient de l'autochtone au volant.

Néanmoins, pour une fois, le Francilien roulant n'y est pas pour grand-chose dans cette pagaille.

Imaginez une métropole avec des tronçons de route faits pour absorber au maximum 8000 véhicules/heure et qui en voient passer le double. Par temps sec, ça bouchonne. Quand il pleut, ça ajoute des kilomètres de bouchons à ceux qui se forment "naturellement". Quand il neige, si une voiture sur 3000 chasse de l'arrière-train sur le périph, ça sent le blocage systémique en moins d'une demi-heure. Avec 80 véhicules de déneigement, on ne dégage pas une région complète en 30 minutes. Si le réseau secondaire et tertiaire devient difficilement praticable en moins de deux heures, on arrive à la sclérose complète du système en moins d'une demi-journée.

En somme, le problème de l'Ile-de-France, ce n'est ni le manque de réactivité des pouvoirs publics, ni l'erreur de 5 centimètres dans la prévision de Météo France, ni l'irresponsabilité des Franciliens qui prennent leur voiture malgré une alerte orange à la neige et au verglas.

Le problème, c'est un réseau de transports conçu pour 5 millions d'habitants, quand on en compte 11 millions aujourd'hui.

En matière de déplacements, la région est au bord de l'asphyxie, comme l'a démontré l'épisode neigeux de mercredi dernier.

Et la bonne marche du réseau routier et du réseau de transports en commun conditionne beaucoup d'autres problématiques: si la demande sur l'immobilier est aussi forte aux abords de Paris, si la pression sur les prix à la location et à l'achat est aussi élevée, c'est que l'on cherche à se rapprocher de son lieu de travail. Mettre 40 minutes pour aller travailler, en petite couronne, c'est vivre à moins de 10 km de son travail. Dans une ville moyenne de province, dans le même laps de temps, vous pouvez parcourir 30 km.

Tandis qu'on peine à améliorer le réseau existant de transports en commun, qu'on conçoit très difficilement des lignes nouvelles de transports ferrés (les plus rapides, les plus efficaces, mais aussi les plus coûteux), on a complètement cessé de construire des routes. Pourquoi? Parce qu'il ne faut pas inciter au choix du mode de transport automobile, après des décennies de "tout-automobile". Vous vous rappelez? L'époque où les zones piétonnes n'existaient pas, où il y avait encore des places gratuites de stationnement et où l'essence coutait 3 francs le litre. Non? Moi non plus. J'étais trop jeune...

Par contre, il faut défendre les constructeurs français, fleurons de notre industrie, à coups de prime à la casse, exonération de la vignette automobile, bonus écologique et autres avantages liés à l'achat d'une voiture neuve...

Les effets de cette politique schizophrène se font ressentir durement aujourd'hui: toujours plus de voitures pour un réseau routier qui se dégrade et une offre alternative de transports en commun qui ne s'améliore pas et coûte de plus en plus cher.

On avait déjà les grèves à la SNCF et les alertes à la bombe...les Franciliens ont maintenant une nouvelle raison de faire la gueule de bon matin. Les alertes météo!

En photo: la préfecture de la Seine Saint-Denis à Bobigny, mercredi 8 décembre 2010

vendredi 15 octobre 2010

Rock n' roll, Baby! Part III


Et début septembre, en apothéose, un de mes amis m'a donné l'occasion, pour mon anniversaire, d'aller voir un groupe dont je suis une fan inconditionnelle depuis ma plus tendre adolescence. Le 13 septembre, à Bercy, j'ai donc réalisé mon rêve rock numéro 2: assister à un concert des Guns n' Roses.

Les Guns, pour moi, ce sont deux personnages: Axl Rose, le chanteur à la voix nasillarde, au visage d'ange et aux tenues décalées, et Slash, le guitariste métis et mystérieux aux accents blues, avec ses lunettes noires, son haut-de-forme, ses tatouages et ses pantalons moulants en cuir.

Il se trouve que les deux ne peuvent plus s'encadrer depuis l'album "The Spaghettis Incident", sorti en 1996. Le dernier enregistrement commun est une reprise des Rolling Stones, "Symapthy for the Devil", qui figurait sur la BO du film "Entretien avec un Vampire", la même année.
Les Guns n' Roses, aujourd'hui, c'est en fait quelque chose comme "Axl Rose and friends". De l'ancienne formation il ne subsite qu'Axl et Dizzy Reed, le claviériste. Matt Sorum, le batteur, tourne à présent avec Slash.

La première partie fut déroutante, sauf si on aime le horror punk aux tendances hardcore (Comment? Qu'est-ce que c'est? Tapez "Murderdolls" sur Google)... Me concernant, c'était une découverte, et même si je suis en train d'éduquer mon oreille au heavy metal, elle a saturé rapidement. Par contre, le message était simple: "I love to say fuck"... Métaphysique, quand tu nous tiens...

Quant au concert des Guns proprement dit, pour commencer, le groupe est resté fidèle à lui-même: une heure et quart de retard. La foule commençait à gronder et autour de moi, en fosse, les plus jeunes s'impatientaient. Ils ne savaient pas, ces petits scarabées, que la ponctualité n'était pas la qualité première de la bande à Axl. Tout ça fut oublié dès les premiers accords. Et ce fut du délire au deuxième titre, le mythique "Welcome to the Jungle". C'est à ce moment-là que j'ai ressenti une poussée dirigée de l'arrière vers l'avant proportionnelle au poids de la foule déplacée...C'est à dire tout Bercy moins la dizaine de personnes placée entre la scène et moi...Pour information, aller dans la fosse d'un concert de hard rock à cette distance de la scène est suicidaire quand on est une femme, sauf à être dotée d'une carrure exceptionnelle pour le genre. C'est pourquoi je ne m'y serais jamais risquée sans un blindage de choc, à savoir deux bodyguards d'une efficacité redoutable.

Alors certes, les Guns de la grande époque, ça devait être autre chose. On voit bien qu'Axl accuse non seulement son âge, mais aussi les 25 dernières années de débauche. Exit les kilts et les apparitions torse nu, chaînes et tatouages apparents pendant les concerts. Le jean (troué) et les vestes à paillettes sont de rigueur, et ne masquent pas la vingtaine de kilos apparus depuis "Appetite for Destruction", le tout premier album du groupe. Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse. Et l'ivresse, en l'occurrence, c'était bien le rock et les solos inoubliables sur "Knockin' On Heavens Door", "November Rain" ou "Sweet Child O' Mine". C'était aussi une interprétation acoustique de "Don't Cry" par 8000 personnes et une version toute personnelle d'un titre d'AC/DC, "Whole Lotta Rosie". Deux heures trente de concert que le journaliste du Parisien a qualifié de "pâle prestation de rois déchus du hard rock". C'est certain que lorsqu'on assiste à un concert de rock assis dans une loge en dégustant champagne et petits fours, on a du mal à saisir l'âme d'un groupe et l'émotion véhiculée par une musique.

En conclusion, comme dirait Axl:

"Yeah this song is dedicated to

All the Guns n'f****' Roses fans

Who stuck with us through all the f**** shit

And to all those opposed...

Hmm...well..."

En photo, Darren Jay Ashba, un des guitaristes des Guns, le dernier arrivé dans le groupe. Il n'est pas sans rappeler, dans les attitudes et le style, un certain...Slash...

Rock n' roll, Baby! Part II


Fin août, je me suis rendue au festival Rock-en-Seine, au Domaine National de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. Même si je déteste les clichés, il faut bien dire que cet évènement est à l'image du département dans lequel il a lieu! Un cadre très classe, un festival "blockbuster" à gros budget, des têtes d'affiche qui sont autant de stars internationales, un site très propre où l'attention est mise sur le développement durable (gobelets consignés, toilettes sèches...), des scènes à l'acoustique tonitruante...On est loin de la fête de l'Huma et de ses amplis poussifs qu'on pourrait couvrir en fredonnant l'Internationale!

Certes, le budget, et donc le tarif n'est pas le même: 19€ pour trois jours de festival au parc de la Courneuve (avec la rencontre des sections PCF de France et de Navarre, du monde entier - même celle de Cuba, si, si... en prime et une foultitude de débats passionnants: "Comment vaincre le capitalisme? Le marxisme, une idée neuve? Un scénario à la Jurassik Park est-il possible au PCF? Les dinosaures et les éléphants peuvent-ils cohabiter dans un monde où l'homme est un loup pour l'homme?"...etc etc...). 99€ pour trois jours de festival à Saint-Cloud, sans débats, mais avec des expositions, des plateformes de jeux vidéo, des partenaires qui offrent des cadeaux, etc etc...Un festival bobo, en quelque sorte, où l'on se la joue roots mais pas trop pendant trois jours.

Sur la programmation, rien à dire si ce n'est qu'à l'instar des Eurockéennes de Belfort, elle s'élargit d'année en année à d'autre styles musicaux. Ici, c'est l'électro, et en Franche-Comté, c'est plus le hip-hop. Il n'empêche que depuis quelques années, Rock-en-Seine m'a donné l'occasion de voir quelques beaux monuments du rock: les énervés sur le retour de Rage Against The Machine, Oasis (non, j'déconne!), The Offspring (oui, j'adore le néo-punk californien, et alors?), The Prodigy, Queen of The Stone Age...Cette année, j'ai cependant regretté qu'on programme un groupe comme Skunk Anansie à 18h30 le vendredi. C'était tout simplement impossible d'arriver à temps, compte tenu de la circulation parisienne, quand on n'avait pas pris son après-midi.

Mon prochain festival sera sans doute le Main Square Festival, qui se déroule le premier week-end de juillet à Arras. Les deux dernières programmations, résolument rock, me faisaient piaffer d'envie. Au pire, le Hellfest, s'il n'est pas tué par la fronde catho-villiériste vendéenne, me tend les bras....Non, j'plaisante!

En photo, Deborah Dyer, la chanteuse de Skunk Anansie, à Rock-en-Seine cette année

jeudi 14 octobre 2010

Rock n' roll, Baby! Part I


Suite aux courriels désespérés de nombreux fans de ce blog...Enfin, plus exactement suite au courriel d'une de mes lectrices (de ma seule lectrice?) me demandant de prendre à nouveau la plume, je vais essayer de recommencer une activité de bloggueuse non-intermittente.

Il faut dire que mes excuses pour ne pas écrire, à bien y réfléchir, sont toutes aussi foireuses les unes que les autres: Pas le temps (et les autres, ils font comment? Ils ne prennent pas de RTT pour écrire, à ce que je sache!), manque d'inspiration (ah bon? Il faut de l'inspiration pour écrire? Et pourquoi pas du talent, tant qu'on y est?), nouvel amour (ça c'est vrai, mais ce n'est pas une excuse!)...

Pour me remettre en jambes, je vais donc commencer par un sujet léger. Je vais vous conter mon été rock n' rollesque. N'ayez crainte, je ne vous assommerai pas avec des considérations boboisantes telles qu'on peut les trouver dans les magazines spécialisés ou dans les pages culture des quotidiens nationaux. Pas de "riffs punko-psychédéliques déchaînés", ni de "Leur nouvel album s'inscrit dans un style underground, tourmenté et pourtant plus mature"...Amatrice de rock au sens large, j'aime aussi les groupes dont les leaders ne sont pas morts, et qui connaissent un certain succès commercial. Je sais, la honte. C'est un peu comme regarder le JT de TF1 alors que le Grand Journal de Canal est en clair au même moment. C'est pas branché du tout. Tant pis, j'assume.

J'ai effectué en juin dernier mon baptême de Stade de France. Je n'avais jamais assisté à un concert dans un stade, à vrai dire. Et pourtant, mon rêve rock numéro 1 aurait été de voir le "Live in Wembley '86" de Queen, mais j'étais sans doute un peu jeune pour ce type d'évènement à l'époque. Mais passons.

Muse a rempli deux soirs de suite le stade mythique de Saint-Denis en ce mois de juin. Mes billets étaient réservés depuis décembre, en fosse naturellement. Enfin, en pelouse. Muse a quelque chose de Queen, un je ne sais quoi de génie, quelque chose de déroutant qui les rend inclassables. La bande à Freddie maniait aussi bien le hard rock que le rockabilly, et a inventé l'opéra-rock (le premier qui cite Mozart sera flagellé en place publique). La bande à Matthew s'inscrit dans cette ligne. Ils savent tout faire, ou presque, sont imprégnés de nombreuses influences et la synthèse de tout cela vous fait passer de l'euphorie des guitares survoltées et saturées à la mélancolie classique des intros au piano.

Muse en concert, c'est du plaisir à l'état pur pour les oreilles. Pour les yeux, sans doute aussi, mais mon mètre soixante cinq et demi était trop court pour que je puisse voir autre chose que les amplis placés au-dessus de la scène. Hé oui, un stade n'est pas une salle de concert, et c'est là que réside mon intense déception. Pour assister au spectacle, j'ai du renoncer à avancer et refluer vers l'arrière de la pelouse. A cette distance, Matt Bellamy était à peine une silhouette...Et les écrans géants ne sont qu'une maigre consolation, car ils ne permettent pas de voir tout ce qui se passe sur scène.

En revanche, la tournure résolument électro de ce nouvel album me chagrine. Avec The Prodigy, je pensais aimer la fusion rock-électro. En fait, il n'y a que The Prodigy qui réussisse à fusionner réellement les deux musiques, à la fois dans les compositions et dans l'esprit. Les autres superposent, entassent, collent...Ca reste plutôt rock ou plutôt électro, et en l'occurrence Muse a choisi la voie électronique. Dommage, pour les fans de rock...

En photo, Muse...

dimanche 11 avril 2010

Les bidonvilles de Paris


"Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille!" Ce vers de Charles Baudelaire pourrait illustrer l'attitude du pays face à ses banlieues. Deux articles parus cette semaine dans Le Monde interpellent le lecteur sur le drame quotidien et silencieux de ce que l'on appelle pudiquement les "quartiers".

Le poignant aveu d'impuissance de Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, et le diagnostic sans concession de Tahar Ben Jelloun, écrivain, poète, symbole vivant d'un syncrétisme culturel qui semble aujourd'hui disparu, risquent de passer inaperçus tant on s'est habitué à voir le 9-3 au 20h.

Et pourtant. Lisez ces textes. Imaginez un instant de vivre le quotidien que décrit le maire de Clichy-sous-Bois dans les cités de sa commune. Imaginez, depuis le canapé de votre salon, ou devant votre PC à votre bureau, que dans la pièce où vous vous tenez, vous vivez avec 2, 3, 4, 5 autres personnes. Ici, chaque personne qui ne travaille pas en CDI est la proie des marchands de sommeil. Trois, quatre, cinq années d'attente pour obtenir un logement social. Quelquefois moins à Clichy-sous-Bois, mais il faut accepter de vivre et de faire grandir ses enfants au milieu des tours, du trafic de drogue, dans des appartements délabrés, des immeubles délabrés et des déchets éparpillés. Ben oui, quand il faut faire 15 étages à pied pour descendre ses ordures et risquer de déranger un trafic dans le local à poubelles, on renonce assez vite. Et on jette ses déchets par la fenêtre.

Quand je suis arrivée ici, j'ai essuyé pas mal de refus avant de trouver un appartement dans le parc locatif privé. Malgré un salaire confortable, des parents acceptant de se porter garants, je porte en moi le péché originel: Je suis en CDD. J'ai alors entrevu la galère que ça pouvait être pour des gens payés au SMIC, sans appui familial et avec des enfants à charge: L'accession à une location dans le privé est impossible. Le logement social, ce sera au mieux dans 3 ans, parce que le parc locatif est faible, sans turn-over et ne peut répondre à une demande plusieurs fois supérieure à l'offre de logements.

Quelle solution reste-t-il alors? Trouver un logeur arrangeant qui louera un taudis de 15 m² à un tarif au-dessus des prix du marché, mais sans demander contrat de travail, avance sur loyer ou garantie familiale. C'est ainsi que des dizaines de familles se retrouvent ghettoïsées à Clichy-sous-Bois, à Tremblay-en-France ou à Sevran, victimes d'un système en faillite qui ne loge que les plus protégés ou les plus aidés.

J'ai en tête l'histoire d'une femme, mère de deux enfants, qui avait trouvé un trois-pièces dans une copropriété de Clichy-sous-Bois. Logement abordable, appartement correct, contrat de bail en bonne et due forme. Un rêve ici. Oui mais voilà. La contrepartie de tout cela, c'est qu'elle devait partager l'appartement avec un "colocataire", non mentionné sur le bail, parent du propriétaire, qui se servait de l'appartement pour "faire son business" et qui ne ne souciait guère de payer quoi que ce soit. Cette femme faisait grandir ses enfants au milieu de la drogue, des liasses de billets, des flingues et des mecs louches qui allaient et venaient à toute heure du jour et de la nuit. Quel autre choix avait-elle, à part celui de vivre sous les ponts?

C'est ici que les lignes de Tahar Ben Jelloun prennent une résonance particulière:

"Or, la banlieue, telle qu'elle a été conçue puis négligée pour ne pas dire oubliée, est devenue un lieu pathogène. N'importe quelle population installée dans ces immeubles produirait de la délinquance et de la violence. Les Français d'origine immigrée ne sont pas condamnés à être dans le retard scolaire, à provoquer les gens dans la rue, à voler, à vendre de la drogue et à finir leurs jours en prison. Ils sont le produit d'un malaise entretenu par l'indifférence, par la pauvreté, par les accidents de la vie."

J'invite ceux qui pensent que ces gens se complaisent dans la pauvreté à lire et relire ces lignes, à s'imprégner des paroles de Claude Dilain et à venir voir de près à quoi ressemble "une cité" ici. La simple vue des barres austères, de loin, provoque déjà un vague malaise. Quand vous vous approchez, les immeubles vous toisent, vous menacent, vous oppressent. Les déchets jonchent le sol et, si vous levez le nez, vous verrez que beaucoup de fenêtres n'ont pas de vitres en verre, mais des simples carreaux de bois. Si vous entrez dans un hall d'immeuble, de nuit, vous ne verrez rien. Les ampoules sont cassées, la lumière étant peu propice à la discrétion requise pour les trafics en tous genres. De jour, vous verrez les boîtes aux lettres défoncées, les murs, les sols, les plafonds, les escaliers tagués. Vous serez saisis par l'odeur d'urine qui vous pique la gorge. Vous ne pourrez gravir les étages autrement que par les escaliers, même pour monter au quinzième, parce que l'ascenseur est en panne. Toujours. A ce moment-là, songez à la devise de la République. Liberté, Egalité, Fraternité.

On parle pudiquement et hypocritement de banlieues en difficulté, de quartiers difficiles. On devrait parler de bidonvilles en dur, de favelas institutionnalisées. En France, on donne des leçons sur les droits de l'Homme au monde entier. Et on ferme les yeux sur notre propre incurie, notre propre misère. Parce qu'il y a une responsabilité politique. Elle n'incombe pas seulement à la droite ou à la gauche, même si ces banlieues ont longtemps arrangé tout le monde. La droite car l'électorat populaire n'entrait pas dans ses bastions. La gauche parce qu'elle a pu se créer des baronnies locales. Cette responsabilité-là, nous la portons tous en tant que citoyens. Parce que nous faisons semblant de croire que la banlieue est un problème de banlieue. Mais si nous tremblons tous dès qu'un bus flambe, c'est bien parce que nous savons que cette violence peut dégénérer gravement du jour au lendemain.

Alors oui il faudrait plus de flics, oui il faut reconstruire, oui il faut reloger. Oui il faut revoir la politique de la ville, l'aménagement du territoire, les politiques d'éducation, les politiques d'aides sociales, les infrastructures de transport. Songez que le dossier du fameux "désenclavement du plateau de Clichy-sous-Bois Montfermeil", le prolongement de la ligne de tram-train T4, patine maintenant depuis plusieurs années parce que les élus concernés par le décrochage n'arrivent pas se mettre d'accord sur le tracé, pour des raisons politiquement peu avouables. Mettre les cités de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil à 5 minutes de Livry-Gargan et du Raincy, c'est faire déferler des hordes de jeunes à casquette sur de la banlieue pavillonnaire. On veut bien rompre l'isolement de ces habitants, à condition qu'ils ne passent pas par chez soi. Après ça, tous ces messieurs bleublancrougisés iront couiner qu'on ne les consulte pas si d'aventure l'Etat passe outre leurs querelles de clocher. On sortira les grands mots, les grandes tirades, sur le déni de démocratie, la volonté de recentralisation, l'asphyxie de la démocratie locale, le manque de concertation et de dialogue. On finira par croire à sa propre indignation. Et peut-être même faire admettre que l'on s'insurge pour le bien commun.

Je laisse à Tahar Ben Jelloun le mot de la fin:

"Evidemment il y en a qui s'en sortent et réussissent malgré tous les obstacles. Ceux-là s'éloignent de la banlieue. On parle à leur propos d'intégration. C'est une erreur. On intègre l'étranger, pas l'indigène, l'autochtone."

En photo, une partie de la cité des Bosquets à Montfermeil (93).

mercredi 3 février 2010

Le flic, la blonde et les parachutes


Ca y est. Rien ne va plus dans le microcosme politique de Seine Saint-Denis. La liste UMP pour les régionales a enfin vu le jour dans la douleur dans le département. Avec un coup de théâtre en guise de cerise sur le gâteau: à la place de Patrick Toulmet, élu valdoisien (cherchez l'erreur), d'abord désigné pour conduire la liste, un autre nom nom est sorti du choixpeau magique: celui de Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat de police Synergie, en poste à Rosny-sous-Bois.

Inutile de dire que les dents grincent et que l'émail s'use du côté des élus locaux.

"Le 9-3, c'est Sainte-Mère-L'Eglise", entend-on ricaner ça et là. Le parachute de Toulmet s'est en effet accroché en haut de la construction fragile qu'est la campagne de l'UMP pour les régionales. Le parachuté a glissé sur l'ardoise polie mais pentue du carriérisme politicard local, et c'est celui de Beschizza qui s'est ouvert avec plus de fortune.

Pour la petite histoire, la droite locale a versé dans la querelle de clocher (c'est le cas de dire). Cependant, il ne faut pas s'y tromper, c'est du bordel organisé. Le grand ordonnateur du désordre ambiant? L'ineffable défenseur du devoir de réserve pour les écrivains français et expert incontesté de la distillation de fiel: Eric Raoult, que je ne présente plus.

Au départ, il avait choisi le mauvais cheval: Roger Karoutchi en avait fait son porte-parole lors de la primaire qu'il l'avait opposé à Valérie Pécresse pour la désignation de la tête de liste régionale l'an dernier. La campagne s'était arrêtée quand à l'issue du premier débat au Raincy, Raoult avait fait en sorte d'humilier Pécresse en remplissant la salle de de jeunes karoutchistes bariolés et exaltés.

Cela n'a servi à rien puisque la Ministre de l'Enseignement Supérieur a remporté la tête de liste régionale. Rien d'étonnant d'ailleurs, pour une femme qui semblait maîtriser ses dossiers, face à un homme qui les connaissait sans doute mieux qu'elle, mais qui a préféré se saborder en rabâchant un one-man-show d'inspiration pagnolo-pasquaiesque à chaque meeting. La bonhomie provençale ne paie plus en Ile-de-France.

Bref, Raoult avait choisi le perdant et au lieu de faire contre mauvaise fortune bon coeur, il a préféré entrer en guerre larvée contre une ministre. Quitte à faire perdre son camp. Il a d'abord découragé toute candidature locale en Seine Saint-Denis. Et oui, en tant que président de la fédé UMP, il reste le grand patron des investitures. Tout élu qui tient un tant soit peu à voir reconduire son mandat s'est bien gardé de lever la main quand il a demandé s'il y avait des candidats pour la tête de liste départementale. Il s'est ensuite présenté comme l'Unique, le Sauveur, le seul à pouvoir faire le job. Alors même que, touché par le cumul de mandats, il aurait du démissionner sitôt élu. Mais il n'en est pas à une farce près. Bien entendu, Pécresse n'en a pas voulu et a tenté de débaucher en douce des élus du coin hostiles au député-maire du Raincy. Simplement, en politique, si on n'est pas sûr d'achever quelqu'un du premier coup, surtout plus puissant que soi, il ne faut pas prendre le risque de le blesser. Personne n'a suivi. Du coup, il restait la solution du parachutage, bien pratique pour Raoult qui avait besoin d'un prétexte pour traîner des pieds sans que cela passe pour du racisme anti-blondes primaire. Du coup, ce fut Toulmet qui fit le bouche-trou en attendant que Beschizza, le choix du Château, soit disponible, élections syndicales obligent.

Raoult a tout de même eu gain de cause sur quelques winners: les brillants conseillers généraux UMP sortants en Seine Saint-Denis, à savoir la fantomatique Martine Valleton, n°4 sur la liste, casaque bleu foncé (plus personne ne se souvient de son visage), le gentil Alain Ramadier, n° 11, casaque bleu foncé (trop gentil sans doute) et le maire de Rosny-sous-Bois, Claude Pernès, n° 5, casaque bleu clair, que l'on sait gravement malade. Le Nouveau Centre tire la campagne à bout de bras depuis le début (et les marrons du feu) avec en n°2, casaque bleu clair aussi, l'épouse du député-maire de Drancy, Aude Lavail-Lagarde. Toulmet n'est pas totalement évincé puisqu'il conserve la place n°3. Même Kamel Hamza, l'assistant parlementaire d'Eric Raoult, qui pleurnichait récemment sur C+ (voir le post du 18 janvier dernier) que Pécresse faisait fi des candidats issus de la diversité, décroche tout de même la 7ème place. Pour un pauvre renégat, ce n'est pas si mal...Seule surprise sur cette liste, l'absence de Madame Raoult, que l'on s'attendait à trouver en embuscade, tapie derrière son masque de blush. Mais ça aurait obligé son mari à faire campagne...

En résumé, parmi les 5 premiers de la liste, éligibles en cas de défaite, on trouve...une seule UMP, en n°4, en la personne de l'ex-maire de Villepinte, qui avait pourtant disparu des écrans radar du microcosme politique local depuis quelques années.

Avec ça, dépasser les 20% dans le département tiendrait du miracle, surtout qu'en face, Abdelhak Kachouri (PS) et Stéphane Gatignon (Europe Ecologie), s'ils ne font pas une campagne exceptionnelle, font au moins l'unanimité dans leur propre camp.

Et ce n'est pas en qualifiant la campagne de Pécresse de concours de beauté que le député-maire du Raincy risque d'élever le niveau.

Je crois qu'en général, on a les politiques que l'on mérite...Mais là, tout de même...

dimanche 24 janvier 2010

L'argot des villes et l'argot des champs


Ce jeudi soir, alors que je pressais le pas pour rentrer à la maison, je fus stoppée net dans mon élan de jeune femme frigorifiée par une exclamation venue d'un autre âge, et (presque) d'une autre planète.
Des gamins jouaient au foot sur la place que j'étais en train de longer. L'un d'eux, pour attirer l'attention de son coéquipier, lui tint à peu près ce langage: "Vas-y gros! Fais-moi la passe!"
Le gros en question était un gamin fluet d'une dizaine d'années. L'exclamation ne faisait donc pas référence à sa circonférence, mais devait plutôt être entendue au sens de "mec": "Vas-y, mec, fais-moi la passe!".

Ce qui m'a stupéfiée, c'est que cette expression évoquait en réalité plus pour moi le jeune paysan lorrain que le môme de banlieue...Combien de fois ai-je entendu, lorsque j'étais enfant, mes instituteurs reprendre mes petits camarades lorsqu'ils s'interpellaient ainsi entre eux: "Salut gros! Comment qu'c'est?" - traduction populaire et enfantine du fameux "Bonjour cher ami! Comment allez-vous"?

L'emploi du mot "gros" n'avait alors aucune connotation péjorative. Il s'agissait plus d'une interjection joyeusement virile, car, de bien entendu, on n'entendait jamais deux femmes s'interpeler de la même manière, et encore moins un homme s'adresser à une femme en ces termes: "Salut grosse, comment ça va?". Non. L'emploi du mot "gros" pour parler à son compère concerne exclusivement les hommes et renferme une notion de franche camaraderie. Et c'est exactement dans cette acceptation que mon jeune footeux balbynien l'a employée jeudi soir.

Je me suis alors demandée comment cette expression paysanne et provinciale était arrivée dans la bouche des gamins des cités. En effet, l'argot des banlieues détourne quelquefois de leur sens originel des mots de français, inverse les syllabes, emprunte à l'arabe, au berbère et à l'anglais. Ainsi, l'expression "je te vaccine" qui n'est pas, il faut bien le dire, employée couramment en français, est quelque chose qui se vit au quotidien en banlieue. Non que les autorités sanitaires y aient organisé, plus qu'ailleurs, une campagne de prévention massive contre les maladies infantiles, la tuberculose et autres grippes. "J'te vaccine" ici, signifie quelque chose entre "j't'emmerde" et "fous-moi la paix". Je laisse votre imagination reconstituer l'enchaînement logique qui va du premier degré au second.

Dans le cas de mon "gros", le sens argotique a été préservé tel quel des champs à la ville. L'argot et le parler régional, contre lesquels notre Etat a tant lutté depuis Villers-Cotterêts, seraient-ils en passe de devenir des marqueurs d'intégration républicaine? L'idée est tentante. Malgré les problèmes qui persistent, il est assez réjouissant de penser que les petits "bouseux" et les jeunes "cailleras", dont les cultures ne cessent de s'éloigner, se comprennent plutôt très bien. Mais gardons-nous de toute conclusion hâtive. Je me réjouirai le jour où tous pourront indifféremment passer du sabir argotique de leur village/ville d'origine au langage châtié des salons parisiens, en passant par le français courant de la presse quotidienne nationale. I had a dream last night...

Ces considérations linguistico-sociales m'ont ramenée aux quelques quiproquos qui ont émaillé ma vie étudiante, au fil de mes pérégrinations à travers la France.

Petit florilège de dialogues de sourds:

En Poitou:

Le cordonnier: Vous passez chercher vos chaussures c'tantôt?
Moi: ...?
Le cordonnier: J'vous les fais pour c'tantôt?
Moi: Euh...Oui...Pas de problème...
Ne sachant toujours pas quand mon cordonnier allait me rendre ma paire de chaussures réparées, j'ai interrogé mon voisin. C'tantôt = tout à l'heure...Ce qui ne m'a pas éclairée beaucoup sur l'horaire...

Toujours en Poitou:

Moi: Vous avez un cornet pour mettre mes courses?
La caissière: ...
Moi: Vous ne donnez plus de cornets?
La caissière: Des quoi...?
Moi: Ben des cornets...Des sachets, quoi!
La caissière: Aaaaaah! Vous voulez des poches!
Ou comment comprendre, à l'échelle locale, l'utilité d'une langue commune et connue de tous...

A Paris:

Moi: Tu peux clencher la porte, s'il te plaît?
Ma coloc: Quoi?
Moi: Tu peux clencher la porte? Tourner la poignée pour la fermer!
Ma coloc: Y'a un verbe pour ça?
Moi: Euh...Pas en français courant, visiblement...
Par extension, la clenche = la poignée de porte...

Et allez, pour finir, un petit dictionnaire chanté de lorrain des champs!

lundi 18 janvier 2010

De la diversité en politique


Anne-Sophie Lapix anime tous les dimanches une excellente émission politique, en clair sur Canal +, "Dimanche +". Au premier abord, on songerait plutôt à elle pour retourner les lettres à "La Roue de la Fortune". Mais il ne faut pas se fier à son physique de Barbie girl. C'est une des plus redoutables journalistes politiques de la chaîne. Ses questions ne sont jamais complaisantes. Contrairement à d'autres, elle ne sert pas la soupe à ses invités avec des interviews construites dans le seul but de leur permettre de faire leur com'. J'entendais récemment une journaliste radio, prétendument objective, demander à un responsable politique de gauche si selon lui, la suppression de la taxe professionnelle allait conduire à une "recentralisation" et à un amoindrissement de la démocratie locale...Bien évidemment, vu sous l'angle de la "suppression" et non de la "réforme", on ne peut que répondre "oui, bien sûr" à la question posée...Le travail du journaliste ne serait-il pas justement d'interroger la pertinence d'un discours politique plutôt que de se borner à le relayer?

Anne-Sophie Lapix, à ce titre, est au-dessus de la mêlée. Face à des invités qui manient souvent très bien la langue de bois, elle a l'art de mettre en relief les discours télécommandés et les "clefs de langage" qui structurent les interventions de nos politiques. Les réponses tournent en rond, esquivent le sujet et se font de moins en moins cohérentes et précises. L'invité est piégé: il a répondu à côté de la question et tout le monde s'en est aperçu. Ce dimanche, Jospin n'a pas échappé à la règle. Anne-Sophie Lapix l'a interrogé sur une déclaration d'Eric Besson, qui disait que la raison principale de l'échec du PS en 2002, ça n'avait pas été de surestimer le bilan des cinq années précédentes, mais de s'être coupé du peuple et des sujets de préoccupation des citoyens. Besson est peut-être un homme qui a retourné sa veste, mais l'analyse est plutôt juste et continue à être d'actualité. Le PS préfère refuser de débattre sur un sujet qui fâche, en prenant le risque de voir émerger à nouveau un vote FN dans un prochain scrutin, plutôt que de mettre ledit sujet sur la table en exposant ses idées et ses propositions. Exactement ce qu'ils avaient fait en 2002. Et Jospin, plutôt que de répondre à la question posée, rétorque qu'il ne parle plus d'Eric Besson et qu'il préfère commenter l'affaire Mrs Robinson en Irlande du Nord. Pathétique pirouette d'un homme politique qui n'en finit pas de ne pas comprendre qu'on ne peut gouverner si l'on méprise les inquiétudes des citoyens.

Le débat sur l'identité nationale est peut-être dicté par l'exécutif, pour des raisons politiciennes. Certes. Il n'empêche qu'en démocratie, c'est la majorité au pouvoir qui fixe l'agenda. Pas moyen de s'y soustraire, que ce soit sur les bancs de l'Assemblée ou dans les journaux. Refuser un débat au motif qu'il pourrait véhiculer des prises de position racistes, c'est laisser le champ libre à la diffusion de ces opinions. C'est également sous-entendre que le seul fait d'évoquer ce qui fonde l'appartenance à un peuple fait de vous un horrible facho-nationaliste. Pas étonnant que des milliers de gens se détournent d'un parti qui pratique le délit d'opinion. Oui, on peut parler d'identité française sans être nationaliste et sans vouloir exclure les Français d'origine étrangère de la nation. Le peuple français de 2010 n'est pas celui de 1950. On peut être Noir et Français, musulman et Français, asiatique et Français, avoir un patronyme à consonance portugaise et Français. Il serait peut-être bon de le dire haut et fort, non?

Pour revenir au sujet qui m'intéresse, je vous invite à visionner l'interview de Lionel Jospin et du reportage qui la précède, en suivant ce lien.

On y parle de diversité en politique et on loue les socialistes qui auraient enfin compris qu'il était "impossible de gagner une élection en négligeant les communautés" (sic). Que je rassure tout de suite Canal + et ses téléspectateurs, ça fait longtemps que le PS, comme tous les autres partis, pratique le clientélisme, que ce soit à destination des profs, des cheminots, des étudiants, etc...La seule nouveauté ici, c'est qu'il ne chouchoute plus une catégorie socio-professionnelle en particulier, mais des "communautés". Est-ce meilleur pour la démocratie?...

En effet, le PS a investi deux têtes de listes issues de la diversité pour les régionales en Ile-de-France, Ali Soumaré, élu de Villiers-le-Bel (95) et Abdelhak Kachouri, maire-adjoint à Saint-Ouen (93). J'aime beaucoup Canal + et j'ai dit dans les lignes qui précèdent tout le bien que je pense de cette émission. Néanmoins, le message qui passe dans ce reportage est: "on investit des Blacks et des Rebeus pour aller chercher l'électorat des cités et les communautés". Messieurs Soumaré et Kachouri, vous êtes donc, selon Canal +, la caution "arc-en-ciel" du Parti Socialiste. Ne vous attendez donc pas à représenter un jour les citoyens de cette région et de ce pays. Vous ne représenterez que la frange "communautaire" car vous avez été élus pour ça. Parlez de sécurité urbaine et d'animation de quartier, c'est votre milieu, c'est ce que vous connaissez. Et laissez les énarques et les sciences poteux blancs proposer leurs idées sur l'éducation, sur les finances, sur la dette publique, sur l'emploi et le développement économique. Ne sortez pas de votre quartier en somme, vous ne représentez pas la France. Seulement ses banlieues...

Je déplore ce genre de reportage qui, sous couvert de louer l'ouverture à la diversité de la politique, continue à enfoncer dans la tête des citoyens une idée extrêmement gênante à mes yeux: un Noir ou un Arabe n'est bon qu'à parler des cités, et les habitants de ces cités ne peuvent faire confiance qu'à l'un "des leurs".

Quant aux interviews des journalistes du côté de l'UMP, c'est assez risible aussi: ils vont interroger Kamel Hamza, qui se plaint de ne pas avoir été choisi pour représenter la diversité sur la liste UMP en Seine Saint-Denis. Fort heureusement, a-t-on envie de dire, quand on a déjà approché le bonhomme. Il faut préciser, pour bien faire, que l'énergumène est l'attaché parlementaire d'Eric Raoult, dont j'ai déjà eu l'occasion de narrer les aventures sur ce blog. Ledit Raoult a juré d'être Ministre de l'Outremer et rêve chaque nuit de voir la blonde Pécresse perdre les élections régionales et choir de son piédestal. L'amer constat d'Hamza n'a donc rien à voir avec la diversité politique. C'est Raoult qui tacle Pécresse par le truchement de sa marionnette.

Le choix des candidats pour une élection devrait être motivée non par la couleur de peau, l'origine "communautaire" ou le sexe des gens, mais bel et bien par leur compétence et leur envie d'être au service de l'intérêt général. Je ne doute pas un seul instant que ce soit le cas d'Ali Soumaré et d'Abdelhak Kachouri, légitimes dans leur parti et dans leur ville. Mais le travail d'un media sérieux serait de rappeler que cette légitimité vient de leur travail d'élu et de militant, et pas de leur origine ethnique et/ou sociale.

mardi 5 janvier 2010

Welcome home!


Lundi 4 janvier 2010, 8h30. Je hâte le pas pour attraper mon RER. A la gare, l'escalator est en panne, et je me dis que grimper les escaliers sera bon pour mon petit coeur et pour mes petites jambes après ces deux semaines d'agapes...La positive attitude, en somme. L'art d'attaquer la reprise de bonne humeur.

Je marche jusqu'au bout du quai, au niveau de l'arrière des trains, pour être au plus près de la sortie à la gare où je descends. Le train arrive...Ô surprise! Il est court ce matin! Dans le jargon des usagers quotidiens des transports franciliens, un train court signifie qu'il n'est formé que d'une seule rame.

Les trains composés de deux rames passent en général aux heures de pointe. Je regarde ma montre. Nous sommes bien le lundi 4 janvier 2010, il est 8h35. Heure de pointe. Je commence à courir pour revenir au niveau de la première (et unique) rame. 100 personnes font la même chose que moi et s'agglutinent devant les portes du train. Les wagons sont déjà bondés. Je renonce à l'idée de monter dans celui-ci et me résous à attendre le suivant. Un quart d'heure d'attente. Il fait - 5°C. Positive attitude. Le froid, c'est vivifiant et ça oblige mon organisme à dépenser des calories. Je mincis en attendant mon RER, en somme. Les bonnes résolutions se mettent en application dès la rentrée!

Arrivée à la gare de B. Je cours pour attraper ma correspondance avec le tram. Dans le lointain, je vois les phares du véhicule briller. Bon timing, me dis-je...Le tram arrive péniblement. Feux de détresse allumés...Mauvais signe.

Il s'arrête à la hauteur du quai, mais les portes restent fermées. Quelques personnes insistent sur les ouvertures, appuyant frénétiquement sur les boutons des portes. Puis le tram s'éloigne. Sur le tableau d'affichage, nous lisons qu'il nous faut attendre le suivant..7 minutes plus tard...Il fait toujours - 5°C. Mes hanches se raffermissent maintenant à vue d'oeil. Positive attitude!

Enfin, j'arrive à destination, avec 20 minutes de retard sur mon horaire habituel, sans panne de réveil ni lourdeur intempestive dans les jambes causée par un abus de chocolat et/ou une flemmardise aiguë de rentrée. Rien de tout cela.

A la sortie du tram, mes tibias sont percutés violemment par une poussette. Dans le prolongement du véhicule d'enfant, une jeune femme d'une trentaine d'année essaie désespérément de forcer le passage, se servant du landau comme d'un bélier à roulettes. J'hésite un instant à lui expliquer les règles élémentaires qui régissent la mécanique des fluides, et qui s'appliquent fort bien aux flux de passagers entrant et sortant d'un train ou d'un bus. Il faut vider pour mieux remplir...Pas le temps pour un cours de physique. Mon voisin de derrière passe à l'application directe en me poussant vers la sortie. Je l'entends siffler une insanité entre ses dents, sans savoir si elle est adressée à la conductrice de la poussette-bélier ou bien à moi-même, sans doute pas assez rapide à son goût dans l'exercice d'évacuation du tram.

Une fois sur le trottoir, je prends une grande bouffée d'air glacial. La positive attitude ne tiendra pas une semaine à ce régime!

Vous comprenez maintenant pourquoi les Franciliens font la gueule dans les transports en commun?

Mais en attendant de retrouver un visage fermé et hostile le matin dans le RER, je vous souhaite une excellente année 2010!

mercredi 16 décembre 2009

Jour ordinaire de grève à la RATP...


Depuis 7 jour, les conducteurs de la ligne A du RER, gérée par la RATP, ont débrayé. Afin d'assurer le service minimum, ce sont les cadres et les agents de maîtrise qui aident les conducteurs non grévistes à assurer au minimum un train sur deux en période de pointe.

En heures creuses, en revanche, le trafic est quasi-nul.

Il y a deux jours, les usagers ont demandé à ce que la grève soit suspendue en raison du froid. En effet, si les gares parisiennes sont enterrées pour la plupart, à l'abri du froid, les quai en banlieue sont à l'air libre, pas toujours couverts, et attendre 20, 30 ou 40 minutes quand les températures descendent sous le zéro est une manière assez peu agréable de commencer ou de finir sa journée de travail. Sans compter toutes les conséquences pour la santé: c'est encore le meilleur moyen de finir sous sa couette à greloter avec 40°C de température...

Rien n'y a fait. Les syndicats n'en démordent pas. Ils réclament une prime permanente de 120€ mensuels et une prime de 30€ variable, motivée par la dégradation des conditions de travail ces dernières années, due à l'explosion du trafic. Par exemple, en 2003, il y a eu, sur le RER A, 7 jours où le trafic a atteint le million de voyageurs. En 2009, il y a déjà eu 180 jours à un million de voyageurs.

Certes. Cependant, ce qui me chafouine dans l'histoire, c'est qu'on n'entend pas les conducteurs demander une rénovation et une amélioration du réseau de transports franciliens. Bien évidemment, ça n'est pas leur rôle.

Mais les usagers paient chaque année leur abonnement un peu plus cher, pour voir les conditions de transport se dégrader dans les mêmes proportions. Je vous passe les trains bondés, ceux qui sont annulés sans raison, les travaux annoncés à la dernière minute qui vous font courir d'une gare à l'autre pour pouvoir attraper votre RER, ou encore les correspondances tellement bien assurées qu'en descendant du train, vous attendez 15 minutes votre bus, ou vous le voyez passer sous votre nez.

Les conducteurs veulent donc être payés plus pour supporter des conditions de travail qui se dégradent. Soit. Dans cette même logique, nous devrions demander à payer moins cher notre abonnement ou notre ticket, pour les mêmes raisons...La loi sur le service minimum stipule que le remboursement des titres de transport n'intervient que dans le cas où le fameux "train sur deux" n'est pas assuré aux heures de pointe. Donc, si vous bossez en décalé, que vous prenez les transports en heures creuses et que vous doublez ou triplez votre temps de transport tous les jours, vous êtes le dindon de la farce.

Ajoutez à cela que la Régie, pour l'instant, exclut tout geste commercial, dans la mesure où elle assure le service minimum.

Pour l'instant, la direction de la RATP n'envisage pas de céder à la pression des conducteurs. Pour l'instant...

Si elle cède, j'invite les usagers à demander un remboursement au moins partiel de leur abonnement. Oui, soyons logiques jusqu'au bout. Si on paye plus cher les conducteurs pour travailler sur des lignes bondées, on devrait aussi dédommager financièrement les voyageurs.

Les conséquences seraient ubuesques, bien évidemment. Un réseau de transport qui coûterait chaque jour plus cher à la RATP, à la SNCF et au STIF. Cela dit, ce serait peut-être par un mécanisme aussi pervers que l'on réussirait à obtenir une rénovation et une amélioration profondes du réseau.

Comment? Les usagers ne peuvent pas se mettre en grève? Non, c'est sûr, je me vois mal menacer par préavis la RATP ou la SNCF de prendre mon vélo pour aller travailler tous les jours jusqu'à nouvel ordre. D'autant que ça ne changerait rien au prix de mon pass Navigo.

Cela dit, nous sommes dans un pays civilisé. L'épreuve de force n'est pas toujours le seul moyen d'obtenir gain de cause.

Du moins osé-je l'espérer...

dimanche 6 décembre 2009

Dimanche 6 décembre, jour de Saint-Nicolas



Le 6 décembre est un jour un peu particulier pour les Lorrains, et plus largement pour les habitants de la "Grande Région" (entre Rhin, Moselle, Sarre et Meuse, entre France, Allemagne, Belgique et Luxembourg). Saint Nicolas, que les Bataves appelèrent Santa Niklaus puis Santa Klaus, est l'ancêtre religieux de notre père Noël laïc et consumériste. Mais il n'est point question ici de discuter la portée sociétale et économique des fêtes de fin d'année.

Je saisis simplement cette occasion pour laisser libre cours à la nostalgie de mon enfance et de ma région, et souhaiter une joyeuse Saint Nicolas à tous ceux pour qui ce jour évoque l'odeur du pain d'épice, la saveur des papillotes fourrées au praliné et le défilé du vénérable évêque flanqué de son compère Fouettard.

Pour la petite histoire, Saint Nicolas, évêque de Myre, n'a jamais mis les pieds dans nos contrées rudes et continentales de son vivant. Il est né en Lycie, qui se trouve être dans l'actuelle Turquie, en bordure de Méditerranée, dans sa partie asiatique. Il a vécu entre 270 et 345 après JC. De sa vie réelle en tant qu'homme, et en tant qu'évêque, on ne sait pas grand chose. C'est son hagiographie qui est passée à la postérité.

En effet, le vénérable évêque aurait gagné ses galons de "saint patron des écoliers", à l'occasion d'une innocente balade à la campagne. Il vint à passer chez un boucher qui n'avait rien trouvé de mieux, sept ans plus tôt, que d'assassiner, de découper et de transformer en petit salé trois enfants qui s'étaient perdus, puis réfugiés dans son échoppe. Les raisons qui poussèrent un boucher de campagne au IVème siècle après JC à se livrer à ces sortes de loisirs pour le moins étonnants ne sont pas mentionnées dans la légende. Toujours est-il que Nicolas, pas dupe, demanda à ce que le boucher lui servît ce fameux salé, et pas un autre. Démasqué, le tâcheron s'enfuit et Nicolas, d'un coup de crosse magique, ressuscita les gosses.

Dans certaines traditions, le boucher fut puni pour l'éternité et condamné à accompagner Saint Nicolas dans ses visites annuelles aux petits enfants en prenant la forme du Père Fouettard, chargé de punir à coups de baguettes de noisetier les plus désobéissants.

Par contre, c'est après sa mort que Saint Nicolas met les pieds en Lorraine, ou plutôt le doigt.

A la fin du XIème siècle, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville, entreprit de voyager jusqu'à Bari, dans le sud de l'Italie, où les restes du saint venaient d'être transférés. La relique dans son entier était bien conservée et le pape avait expressément interdit qu'on l'approchât. En effet, le trafic des reliques avait pris un essor considérable à l'époque. Pour convaincre les nobles et les clercs venus pour l'occasion qu'il s'agissait bien des restes du vénéré évêque de Myre, il en exhibait seulement la "dextre bénissante". Une phalange, en somme.

Le chevalier de Varangéville ne fit rien d'autre que de soustraire le saint morceau à la garde du pape Urbain II, et de l'emporter séance tenante en Lorraine, où l'on entreprit l'érection d'une basilique pour le conserver et le faire adorer par les fidèles.

Néanmoins, bien mal acquis ne profitant jamais, il fallait que le saint montre que le vol de sa phalange était l'expression de sa volonté propre et non contrainte. C'est ainsi qu'en 1240, un autre chevalier lorrain, Cunon de Réchicourt, emprisonné dix ans plus tôt à Jérusalem lors de la 6ème croisade, se vit libéré miraculeusement après avoir prié l'intercession de Saint Nicolas. L'heureux homme, s'étant endormi dans sa cellule, se réveilla sur les marches de la basilique Saint Nicolas, en Lorraine. Ses chaines tombèrent pendant la messe qu'il fit célébrer séance tenante.

A la suite de cet épisode miraculeux, le culte de Saint Nicolas ne cessa de grandir en Lorraine. Car, de bien entendu, il ne pouvait s'agir d'autre chose que d'une marque d'estime du bienheureux évêque envers le brave peuple lorrain. Saint Nicolas, déjà saint patron des écoliers, et plus largement des enfants, devint le saint protecteur des Lorrains. Et continua à nous apporter, chaque année, ses délicieux pains d'épices à son effigie....

Dans ces deux légendes, on remarque que Nicolas prend toujours le temps de la réflexion avant d'agir: 7 ans pour ressusciter les mômes, 10 pour libérer le chevalier...Ce n'est pas forcément la caractéristique première de certains de ses illustres homonymes contemporains, mais je m'égare...

Ci-dessous, une jolie comptine de Saint Nicolas qui vous rappellera sans doutes quelques souvenirs

"Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Tant sont allés, tant sont venus
Que le soir se sont perdus
Ils sont allés chez le boucher
Boucher, voudrais-tu nous loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Ils n'étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués
Les a coupés en p'tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Saint Nicolas au bout d'sept ans
Vint à passer dedans ce champ
Alla frapper chez le boucher
Boucher, voudrais-tu me loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Entrez, entrez Saint Nicolas
Il y a de la place, il n'en manque pas
Il n'était pas sitôt entré
Qu'il a demandé à souper

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Du p'tit salé, je veux avoir
Qu'il y a sept ans qu'est dans le saloir
Quand le boucher entendit ça
Hors de la porte il s'enfuya

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Boucher, boucher, ne t'enfuis pas
repens-toi, Dieu te pardonnera
Saint Nicolas alla s'assoir
Dessus le bord de ce saloir

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Petits enfants qui dormez là
Je suis le grand Saint Nicolas
Et le Saint étendant trois doigts
Les petits se lèvent tous les trois

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Le premier dit "j'ai bien dormi"
Le second dit "Et moi aussi"
Et le troisième répondit
"Je me croyais au Paradis"


En photo, le défilé de Saint Nicolas à Nancy en 2005.

mercredi 2 décembre 2009

Ile-de-France 2010: le jeu des chaises musicales


Je vais encore une fois ici parler de politique, mais vous aurez deviné que c'est mon dada. Je veux bien m'essayer à un post sur le football ou les courses de Noël, mais ma pertinence (oui, j'ai la faiblesse de penser que je maîtrise un peu mon sujet) en serait réduite d'autant.

Aujourd'hui, nous allons donc étudier les têtes de liste et les cailloux qui, ça et là, vont aller se loger dans les chaussures de nos chers politiques.

Présentons tout d'abord les forces en puissance:

- A gauche, le président sortant de la région est Jean-Paul Huchon (dit Polochon), ancien directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon, ancien maire de Conflans Sainte Honorine (Yvelines), en place dans le fauteuil depuis 1998. Malgré un CV plutôt bien rempli, le charisme ostréicole de Polochon peine à se faire une place au soleil parmi les ténors socialistes franciliens. Côté casseroles, ça n'est pas encore le pedigree de Jacques Chirac, mais ça n'est pas reluisant non plus. Le 21 novembre 2008, Jean-Paul Huchon a été condamné en appel à 6 mois de prison avec sursis et 60 000€ d'amende pour prise illégale d'intérêts lors de marchés publics. Pour faire simple, le Conseil régional avait fait appel entre 2002 et 2003 à des sociétés de com' qui employaient...la propre femme de M. Huchon! La sentence en première instance contenait une peine d'inéligibilité qui a été abandonnée en appel.

- A gauche aussi, Cécile Duflot, la nouvelle égérie des Verts. A 34 ans, l'adjointe au maire en charge de l'urbanisme de Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne) est actuellement le poil à gratter de Polochon. Grâce à "Europe Ecologie", le rassemblement monté pour les européennes de 2009, réunissant toutes les formations, associations et personnalités sensibles aux problèmes environnementaux, elle a fait sortir les écolos de l'image de gentils rêveurs fumeurs de pétards et mangeurs de légumes bio où les avaient jetés les José Bové et Noël Mamère. La nouvelle crédibilité des Verts, c'est elle. A tel point qu'elle ne craint pas de faire cavalier seul pour les régionales, forte du récent succès d'Europe Ecologie aux européennes, ce qui ennuie beaucoup ses amis socialistes. D'habitude, ces derniers réservaient la portion congrue aux écolos, en leur remontrant qu'ils n'atteindraient jamais les 5% des voix nécessaires pour pouvoir fusionner les listes après le premier tour. Résultat, les Verts négociaient une ou deux places éligibles sur la liste socialiste. Ces derniers, magnanimes, leur concédaient une vice-présidence en cas d'élection. Là, le récent succès électoral d'Europe Ecologie aux européennes perturbe sérieusement la donne. Les socialistes risquent de se retrouver en position de quémandeurs de sièges, et ça file des cauchemars à Polochon...

- A droite, Valérie Pécresse, la rescapée de primaires à l'UMP qui ont failli tourner au pugilat. Cette surdouée, ancienne élève d'HEC et de l'ENA, est Ministre de l'Enseignement supérieur depuis 2007. Elle est députée des Yvelines et conseillère régionale. Pécresse prône le renouvellement politique, ce qui fait grincer pas mal de dents à l'UMP, et notamment les dentiers des vieux barons du RPR.
Côté casseroles, pas grand chose si ce n'est un début de campagne poussif, voire même comique.

- Côté centristes, André Santini, pour le Nouveau Centre, a fait alliance avec l'UMP en négociant plutôt bien quelques têtes de listes départementales.
François Bayrou, pour le Modem, nous a sorti de son chapeau orange un illustre inconnu, issu de la société civile, Alain Dolium. Le pauvre novice va se faire manger tout cru par les fauves lâchés dans l'arène de la campagne électorale. Déjà, les médias et le Mouvement Démocrate trouvent formidable qu'il soit noir, ce qui augure un cortège plutôt fourni en vexations, remarques acerbes et a prioris en tous genres. Pour promouvoir la diversité, en politique comme ailleurs, rien n'est plus efficace que de faire comme si c'était tout à fait normal qu'un noir, une personne d'origine asiatique, zouloue ou iroquoise occupe des foncions importantes. Car ça l'est. Est-ce qu'on fait campagne sur la couleur de cheveux de Valérie Pécresse? Non. J'espère sincèrement qu'on ne verra de cet homme que sa couleur politique, pendant cette campagne, mais j'en doute...

Côtés listes départementales, quelques couacs:

- Rama Yade, sommée de se parachuter dans le Val d'Oise (il est vrai que l'énarque et la fille de diplomates qu'elle est aurait sans doute fait couleur locale à Enghein-les-Bains ou à Montmorency...), a tenu bon et sera finalement en lice dans les Hauts-de-Seine, son département.

- Julien Dray, député socialiste de l'Essonne est aujourd'hui le pestiféré de son mouvement. Conseiller régional sortant, vice-président en charge de la Jeunesse, il fait l'objet d'une enquête judiciaire pour abus de biens sociaux. Julien Dray, amateur de jolies choses et notamment de montres de luxe, semble avoir eu quelques soucis à gérer ses revenus par le passé et s'être servi de plusieurs associations pour traverser une mauvaise passe financière. L'enquête est toujours en cours. Dray ne nie pas être un mauvais gestionnaire de ses biens personnels et un flambeur, mais il réfute les soupçons de détournements de fonds publics.
Néanmoins, un député socialiste amateur de bling-bling et soupçonné de fraude pour maintenir un train de vie de nabab, ça fait tache chez ses camarades. Dray a eu beau protester, brandir la présomption d'innocence, rien n'y a fait. Il ne figurera pas sur la liste socialiste dans l'Essonne. Chez les roses, on peut être riche, mais il ne faut surtout pas que ça se sache...

- En Seine-Saint-Denis, le député-maire du Raincy bien connu des lecteurs de ce blog a encore fait son Raoult. Après s'être assuré que personne ne briguerait la tête de liste UMP dans le département (personne n'est assez fou pour s'opposer au patron de la fédé départementale, grand gardien des investitures), il s'est posé comme le superhéros qui s'y collait pour sauver son territoire d'un parachutage fort mal venu.
Sauf qu'en haut lieu, personne n'en veut, pas plus Pécresse que le Château. Résultat: le choixpeau magique de Valérie Pécresse a sorti...Patrick Toulmet, président de la Chambre de Commerce et d'Artisanat de Seine-Saint-Denis, sans étiquette, élu municipal d'opposition à Sarcelles. Oui, je confirme, Sarcelles n'est pas en Seine-Saint-Denis, mais dans le Val d'Oise. Le plus drôle, c'est que la nouvelle tête de liste départementale de l'UMP se répand en louanges dans la presse sur l'action de...Polochon, notre actuel président de région, socialiste, vous vous rappelez? Polochon, il ne fait pas campagne et il a bien raison: l'opposition le fait pour lui!
Côté rouges (je rappelle que le 93 est un ancien fief communiste), ça sent le sauve-qui-peut général, entre ceux qui guignent du côté du Parti de Gauche de Mélenchon, et ceux qui, à l'instar du jeune maire de Sevran, Stéphane Gatignon, en ont marre d'attendre que Marie-George fasse sa Perestroïka et vont proposer bruyamment leurs services à Europe Ecologie...

A suivre donc, puisque la composition des listes va bientôt être connue.

Détail important: les élections régionales auront lieu les 14 et 21 mars 2010.

mardi 1 décembre 2009

Le 93, les Roms et les bonnes paroles


S'il est une population dont vous prenez conscience de l'existence en arrivant en région parisienne, et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis, ce sont les Roms. Ces populations de tradition nomade arrivent le plus souvent des Balkans. Dans des caravanes, des habitations de fortune, ils vivent dans des "camps roms", installés sur des terrains en friche.

Le camp rom qui me frappe le plus aujourd'hui est celui de Bobigny. Aux abords du pont de Bondy, les caravanes se sont multipliées au fil des mois, allant jusqu'à former un véritable bidonville. Car c'est bien de bidonville qu'il s'agit. Ces gens vivent dans une extrême pauvreté, sur des terrains peu ou pas aménagés, dans le froid, la saleté, l'humidité. A l'approche de l'hiver, s'y installent également des tentes. Au bord de la nationale 3, aux abords de la ligne de tram n°1, en surplomb des berges du canal de l'Ourcq, le bidonville grandit.

Est-il possible d'imaginer les conditions de vie dans ces caravanes? Quand, frileusement, rentrant chez moi le soir, je pousse la porte de mon appartement bien chauffé, je me jette sous la douche, je me fais un café, que puis-je savoir de la vie dans une caravane montée de bric et de broc, avec des vitres fendues, où les toilettes sont dans des algeco, où le linge "sèche" sur des fils à l'extérieur, en plein mois de novembre, où il n'y a ni eau courante ni électricité? Rien.

A Montreuil, également, des bidonvilles se créent et se défont au rythme des installations et des expulsions. Car il faut savoir qu'un bidonville "sauvage" pose un problème d'ordre public et de sécurité. Outre tous les problèmes qui se posent aux riverains (pas d'évacuation des déchets, nuisances sonores, etc...)et aux mairies (recensement des populations pour la scolarisation des enfants, accès aux soins), ça flambe rapidement, une caravane. En mai dernier, un petit garçon de sept ans est décédé dans l'incendie d'un entrepôt désaffecté de Bobigny où s'étaient installées une centaine de caravanes. Cependant, c'est toujours délicat, l'expulsion d'un camp rom,et ce pour plusieurs raisons.

D'une part, l'expulsion (et l'arasement) d'un camp ne fait que déplacer le problème. Il est impossible, compte-tenu des problèmes de logement que connaît le département, de reloger ces personnes, ni en accueil d'urgence, ni en logement social. Les Roms expulsés ne font donc que se balader d'un terrain dangereux à l'autre.

Pour l'exemple, à l'été 2008, le plus grand bidonville de France, situé en bordure du périphérique, à Saint-Ouen, a été rasé, laissant sur le carreau plus de 500 personnes. Sur les 633 personnes du camp, seule une centaine a en effet été relogée...

D'autre part, l'expulsion pose un problème politique criant quand on déloge un camp rom pour "cacher" la pauvreté et la misère de ces gens aux yeux du beau monde.

Le 11 mars dernier, Nicolas Sarkozy était en visite à Vaujours, ce qui s'est traduit par l'expulsion manu militari de quelques caravanes qui s'étaient installées à proximité du passage présidentiel, à Sevran, sur un terrain de RFF.

"Ouh le vilain président de droite qui ne veut pas voir la misère!" a-t-on entendu à l'époque...

La semaine dernière, à l'occasion du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, le camp rom qui se trouvait en face de l'entrée VIP de la manifestation a été balayé par les bulldozers. Ses occupants ont été "relogés" dans des tentes à quelques mètres de là, hors de la vue des visiteurs illustres, tels le député et président du Conseil Général PS de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, le président PS de la région Il-de-France, Jean-Paul Huchon (Polochon pour les intimes, rapport à sa ressemblance physique avec l'inspecteur Derrick et à ses propriétés soporifiques) ou encore la sénatrice-maire de Montreuil, la Verte Dominique Voynet.

Ni la droite, ni la gauche ne détiennent encore la solution miracle d'un problème insoluble: la résorption de la grande pauvreté. Cependant, il serait de bon ton d'éviter de donner des leçons d'humanisme et de rester humble face à des situations qui mériteraient une prise en compte plutôt qu'une utilisation politique.

cf cet article: http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article12273

mardi 10 novembre 2009

Eric Raoult ou celui qui fait toujours trop


Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, a cru encore une fois faire assaut de subtilité et de finesse, en demandant par écrit au Ministre de la Culture ce "qu'il comptait faire" concernant les propos "inacceptables" que Marie NDiaye, notre prix Goncourt, a tenu au magazine les Inrocks.

Pour savoir de quoi il s'agit, suivez ce lien: http://bibliobs.nouvelobs.com/20091109/15794/eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve

Eric Raoult, il fait un peu penser au fayot, dans une classe. Celui qui en fait des tonnes pour plaire au professeur et qui ne parvient pas à se faire aimer. Raoult, à chaque fois qu'il fait quelque chose, il est à côté de la plaque, c'est plus fort que lui.

Janvier 2009: les primaires au sein de l'UMP commencent pour désigner la tête de liste aux élections régionales 2010. Eric Raoult a été désigné porte-parole de campagne de Roger Karoutchi, l'ancien secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, et actuel président de l'opposition au sein du Conseil Régional d'Ile-de-France.

Le premier débat doit se tenir au Raincy, fief de notre député-fayot.

A l'UMP, le mot d'ordre est clair: on n'est pas le PS, on peut désigner un candidat à une élection sans que ça devienne la foire d'empoigne. Il faut apparaître unis.
Pour les débats qui sont prévus (un par département au départ), pas question de se déplacer avec des cars de supporters de l'un ou l'autre candidat. On sortira les t-shirts et les banderoles plus tard, quand le candidat aura été désigné. En attendant, on vient écouter sagement ce que chacun a à proposer.

On ne sait pas ce que Raoult n'a pas compris dans le mot d'ordre. Toujours est-il qu'au Raincy, devant les journalistes, ont débarqué des dizaines de militants arborant les couleurs de Roger Karoutchi, manifestant bruyamment leur enthousiasme et surtout, leur réprobation à l'endroit de son adversaire. Pécresse s'est faite insulter par des militants UMP devant les caméras et ça, elle ne l'a toujours pas digéré.

Le Président de la République non plus, d'ailleurs, à qui des bruits de couloir attribuent des mots très durs à l'endroit d'Eric Raoult. "Passez-moi ce connard! aurait-il demandé à un de ses collaborateur le soir du débat, avant de souffler dans les bronches dudit connard par combiné interposé.

Juin 2009: Eric Raoult est nommé rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur le port de la burka. Tout le monde s'attend à un dérapage car le député n'est pas avare de bons mots. Il s'est d'ailleurs fait décerner le "Y'a bon award", récompense teintée d'humour noir qui couronne les propos et attitudes les plus racistes, "pour l'ensemble de son oeuvre". Non qu'il soit particulièrement xénophobe, mais il ne rate pas une occasion de faire parler de lui, et ce genre de sortie laisse plus de traces dans les médias qu'une position consensuelle.

Et pourtant, rien. Raoult travaille sur le port de la burka dans le plus grand silence. Que se passe-t-il? Songerait-il à se faire pardonner ses incartades du début d'année? Se voit-il encore ministrable? Il a souvent parlé de l'outre-mer ces derniers temps. "La Poissonnière" (le surnom de son épouse, qui est également sa collaboratrice, dans les couloirs de l'Assemblée Nationale) a-t-elle envie de parfaire son bronzage au soleil des Antilles?

Et hier, patatras. Eric Raoult, croyant défendre l'honneur bafoué du Président, s'indigne sur les propos d'un écrivain et demande en filigrane au Ministre de la Culture de la faire rentrer dans le rang.

Le problème, c'est que Marie NDiaye, jusqu'à preuve du contraire, n'a pas sa carte à l'UMP. Il a du la confondre avec Rama Yade. Que voulez-vous, ces jeunes femmes noires, elles se ressemblent toutes et il commence à en avoir beaucoup, ça ne va pas. Ce n'est pas Hortefeux qui le contredirait là-dessus, du reste.

Blague à part, ce fameux "devoir de réserve" qui devrait sous-tendre les propos médiatiques d'un lauréat du Goncourt n'existe pas. Ni en droit, fort heureusement, ni en fait. On se demande ce qu'aurait dit Raoult si Eric Zemmour avait eu le Goncourt (ça reste heureusement improbable) et qu'il s'était répandu en louanges et dithyrambes sur l'action du Président de la République à longueur de colonne dans le Fig'. Ce qu'il fait déjà, remarquez, mais il n'a pas eu de prix littéraire.

Aurait-il invoqué le devoir de réserve pour faire taire les traits de plume admiratifs et transpirants d'admiration du chantre de la Sarkozie? Lui aurait-il demandé de modérer ses transports au nom du devoir de réserve? C'est peu probable.

Eric Raoult a encore provoqué la consternation de tous, plus particulièrement dans son propre camp. L'UMP commence à se demander s'il n'est pas un transfuge socialiste, tant ses interventions ont furieusement tendance à embarrasser la droite. C'est une nouvelle pierre dans le jardin de l'Elysée, qui s'en serait bien passé, après l'affaire Jean Sarkozy, la fronde de Rama Yade et de Jean-Pierre Raffarin, soutenu par le sénateur-maire des Pavillons-sous-Bois (93), Philippe Dallier et les fuites sur les pressions exercées sur les Guignols de l'Info.

Philippe Dallier, d'ailleurs, fait l'objet d'un article de Marianne cette semaine, qui en fait un "héros qui défie le Président".

Eric Raoult a du être jaloux de son voisin. Lui aussi veut sa double page dans Marianne...Mais bon, pour l'Outre-Mer, il repassera...

lundi 9 novembre 2009

Die Mauer, 20 ans après

Berlin, 9 novembre 1989. Le Mur s'ouvre. L'Ouest assiste devant sa télé au retour de la liberté à l'Est.
Le Figaro titre ce matin sur "la mort du communisme". Le Monde et Libération parlent sobrement de "la chute du Mur", de même que l'Huma.
Au-delà des célébrations de la "liberté recouvrée" des Allemands et, au-delà, de tous les peuples de l'Est soumis au joug soviétique, quel sens donner, aujourd'hui, à cet évènement?
La chute du Rideau de Fer n'a pas été le début de "la fin de l'Histoire" chère à Fukuyama. Le monde unipolaire dans lequel nous avons vécu depuis 20 ans n'a pas été celui de la liberté et de la prospérité pour tous. Célébrer la fin du communisme en tant que régime totalitaire ne doit pas nous empêcher de nous poser la question qui taraude nos contemporains de l'est: ce monde-ci est-il vraiment meilleur? La Guerre Froide a été le théâtre permanent d'une "guerre de communication" entre l'Est et l'Ouest. Le bloc occidental promettait la liberté, l'abondance, la richesse. Il a oublié de mentionner les inégalités, le chômage et le cynisme. Publicité mensongère. Qu'avons-nous offert à nos concitoyens de l'Est? La liberté, c'est indéniable. La croissance, sans doute. L'incertitude du lendemain, aussi, les risques du système capitaliste où la démocratie n'est pas forcément synonyme de justice. La réussite des uns au détriment des autres. La guerre, aussi, nous ne devons pas l'oublier.

Célébrer la chute de la dernière grande idéologie totalitaire ne doit pas nous aveugler sur les failles de notre propre système. Les communistes ont ringardisé l'idéal internationaliste, ce qui ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l'avenir de la planète en tant qu'entité et non plus en temps qu'addition de nations et d'alliances. Pourtant, 20 ans après, nous continuons de penser le monde en binaire. L'internationalisme ouvrier contre le nationalisme bourgeois. Les classes laborieuses contre les classes rentières. La solidarité contre l'individualisme. La gauche sociale contre la droite libérale.

Nous célébrons aujourd'hui la chute d'un Mur qui n'est jamais tombé dans nos têtes. Il serait peut-être temps...

mercredi 4 novembre 2009

Paris pour les petits budgets


Pour commencer, munissez-vous de l'indispensable "Paris à 0€" que vous trouverez dans toutes les bonnes librairies de la région. Il existe un corollaire sur la toile, moins fourni mais où vous pourrez trouver aisément les références du guide:
http://www.paris0euro.fr/index2.php

Cela dit, 9€, ça reste un investissement raisonnable au vu des bons plans affichés.

Ensuite, ayez le réflexe internet: en prenant un peu de temps, vous trouverez quantités de tuyaux pour sortir, dîner, aller boire un verre au moindre coût.

Je mettrai régulièrement en ligne les astuces et bons plans dont je dispose. Quelques petites choses pour commencer ci-dessous:

* Sortir

- Si vous avez moins de trente ans, la ville de Paris offre des invitations, des réductions pour toutes sortes d'évènements: concerts, expos, pièces de théâtre, etc...Point besoin d'habiter Paris ou même l'Ile-de-France, il suffit de se rendre dans les "Kiosques Jeunes" avec sa pièce d'identité situés dans le Marais (IVème arrt), au Champ-de-Mars (XVème arrt) et à la Goutte d'Or (XVIIIème arrt). Les informations en ligne sont disponibles sur le site www.jeunes.paris.fr
- Théâtre: Les places du jour sont vendues à moitié-prix dans les Kiosques Théâtre, place de la Madeleine, place des Ternes et sur le parvis de la gare Montparnasse.

* Dîner

Le long du canal Saint Martin ou de la rue Saint-Denis, vous trouverez quelques petits bars qui, pour une consommation, vous offrent le couscous à volonté. Et quel couscous! Pour y goûter et apprécier l'ambiance généralement festive et conviviale, inutile d'espérer trouver de la place après 19h!

* Boire un verre

Traquez les happys hours! Les Franciliens les plus novices d'entre vous seront effarés du prix du demi ou du verre de Coca. Fuyez les lieux touristiques comme les Champs ou Saint Michel (d'ailleurs oubliez les restos également dans ce quartier). Préférez la place de la Bastille et ses petites rues adjacentes ou bien la rue Oberkampf. Ma meilleure adresse (allez, c'est cadeau):
Le Bloody Mary Bar, 41 rue Amelot, Paris XIème, M° Bréguet Sabin ou Chemin Vert. Pensez à réserver, par contre, c'est tout petit et ça affiche complet tous les soirs. La pinte de cocktail est à 5€ de 19h à 21h et, pour les foies moins bien entraînés, la pinte de bière est à 2.50€. Vous pourrez également vous restaurer sur place, la maison fait des salades, des planches fromage/charcut', des croques-monsieur...

mardi 3 novembre 2009

Où est passé le bons sens politique à Paris?


Patrick Devedijian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, vient d'annoncer la création "d'Ile-de-France Métropole", plate-forme politique rassemblant une trentaine de maires, pour réfléchir et discuter de l'avenir de la métropole parisienne.

Remarquable initiative, diront certains, à l'aube des grands travaux sur la gouvernance de la Région.

Oui mais...

Pour ceux qui n'ont pas suivi, je fais succinctement ici un résumé des épisodes précédents.

En juillet 2006, Pierre Mansart, adjoint (PCF) au maire de Paris, lance sa bonne idée de l'année, la conférence métropolitaine. Partant du constat que l'hydre parisienne est ingouvernable du fait du nombre de pouvoirs locaux qui s'additionnent, se retranchent, se juxtaposent et s'annulent, il propose de rassembler les élus de la petite couronne autour d'une table pour réfléchir à ce que sera le Paris d'après-demain. Car en effet, l'Ile-de-France est livrée à elle-même depuis plus de deux décennies: pas de projet d'agglomération, pas d'amélioration patente des transports et du logement malgré un dynamisme démographique toujours plus fort.

Les élus de tous bords y sont conviés. Il s'agit de discuter, éventuellement de proposer, pas de décider. Dans un grand élan de fraternité républicaine, on se prend à rêver que l'intérêt général tienne la première place dans les discussions, pour changer...

Les élus de gauche s'y précipitent, les élus de droite, méfiants dès qu'il s'agit d'une initiative du camp adverse (ils n'ont pas l'habitude, les pauvres, voyez l'Assemblée Nationale!), se font prier.

Résultat, fin 2008, la Conférence métroplitaine se transforme en "syndicat mixte ouvert d'études Paris Métropole" (un "machin", comme dirait De Gaulle). La gauche s'y engouffre, ravie d'avoir une tribune supplémentaire pour stigmatiser le désengagement de l'Etat à un an des régionales. Les élus de droite font le pas de deux en regardant en direction de Nanterre. Que va faire le 92? Ira? Ira pas?

En avril 2009, Devedijian pose ses conditions pour entrer dans Paris Métropole:
- Limitation de la cotisation d'adhésion des collectivités
- Parité droite-gauche au sein du bureau
- Présidence tournante

Fin avril, dans son discours sur le Grand Paris à la cité de l'architecture, Nicolas Sarkozy dit que "Paris Métropole sera l'agora du Grand Paris".
Traduction pour les élus franciliens de droite: "Devedijian va gentiment adhérer et vous allez tous faire pareil...Et sans discuter!"

Sauf que...

Sauf que les élus de droite franciliens se sentent un peu cernés dans une région où les collectivités locales sont majoritairement à gauche. En résumé, ils ne veulent pas être les otages d'un outil de communication manoeuvré par les socialistes, qui en auraient à vrai dire bien besoin...En effet, quand on voit le bilan squelettique et les propositions poussives du candidat à sa réélection à la tête de la Région, Jean-Paul Huchon, on peut se dire qu'il aurait tout intérêt à mettre en avant Paris Métropole et à tirer sur les initiatives de la droite. Les autres grands élus socialistes, eux, ne ratent pas une occasion de flinguer le projet gouvernemental du Grand Paris.

Sauf qu'il ne le fait pas, pour des raisons sans doute connues de lui seul...Mais les élus de droite craignent qu'il le fasse, à quatre mois des régionales, et le 92 a finalement tranché: non à Paris Métropole, ce repaire de gauchistes, oui à "Ile-de-France Métropole"...

Quelques irréductibles, à droite, continuent de soutenir Paris Métropole, comme le sénateur Dallier ou le maire de Nogent Jacques Martin (il tient absolument à ce qu'on l'appelle Jacques JP Martin, mais je me dis qu'il faut assumer ses illustres homonymes...), cependant ils prêchent dans le désert.

Tombé à l'eau, le projet d'agglomération! Nous allons donc avoir deux visions du Grand Paris pour l'avenir. Si vos lunettes sont roses, voyez avec Paris Métropole. Si vos lunettes sont bleues, voyez avec Ile-de-France Métropole. Si vous vouliez de vrais débats sur les problématiques de transports, de logement, d'emploi, de formation, allez voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Ou en tout cas moins bicolore...

dimanche 1 novembre 2009

Le nouveau Splendid'


A Paris, s'il est un plaisir qu'il ne faut pas bouder, c'est bien celui du théâtre. Plus de 200 salles, depuis le minuscule théâtre de la Huchette et sa Cantatrice Chauve à l'affiche depuis des lustres, jusqu'à la splendidissime Comédie Française, son cadre somptueux et ses comédiens de talent dans la digne lignée de l'Illustre Théâtre.

Trois kiosques théâtre où vous pourrez vous procurer les billets du jour à mi-tarif: Place de la Madeleine, place des Ternes, et esplanade de la gare Montparnasse. Point besoin d'acheter le Pariscope, demandez conseil au jeune homme ou à la jeune fille derrière le guichet, vous serez rarement déçu.

Cela dit,s'il est une compagnie qui brûle les planches en ce moment, c'est bien la troupe de Sébastien Azzopardi.

Après avoir commis la parodie théâtrale du "Tour du Monde en 80 Jours" de Jules Verne, encore jouée au Café de la Gare, pièce enjouée, hardie, tonitruante, hilarante, où les gags les plus simples s'enchaînent aux plaisanteries les plus fines, au point de vous faire sentir plus cultivé que jamais, ils réinventent l'Histoire de France avec "Mission Florimont", au théâtre Tristan Bernard.

Savoureux amalgame à mi-chemin entre Kaamelot et le Splendid', "Mission Florimont" rit de tout et avec tout le monde, et ce à un rythme effréné. Rien ne sert de raconter la pièce, ni même de tenter un synopsis, il faut y aller. Absolument.

vendredi 30 octobre 2009

Ile-de-France 2010: La campagne la plus comique de l'histoire de la politique

Je suis tombée ce matin sur cet article du Post, qui fait une synthèse réjouissante du début de campagne de Valérie Pécresse, tête de liste UMP pour les élections régionales 2010 en Ile-de-France:

http://www.lepost.fr/article/2009/10/29/1764709_valerie-pecresse-la-lol-campagne-assumee.html

Le premier meeting, où Copé et Bertrand se moquent ouvertement de leur petite camarade, était presque passé inaperçu grâce (ou à cause) du buzz provoqué par la sortie de la nouvelle mouture du site de Désirs d'Avenir.

Cela dit, la campagne de Pécresse est en train de dépasser en matière d'amateurisme celle de Royal en 2007. C'est assez désespérant de constater que ces deux femmes politiques, intelligentes et compétentes au demeurant, quoi qu'on ait pu dire concernant Royal, se plantent parce qu'elles ont toutes deux essayé de singer les hommes politiques.

Et pourtant, il y aurait mille façons aujourd'hui dans une campagne électorale de contourner les exercices où l'on est pas à l'aise, ce qui est manifestement le cas de Pécresse en meeting. Tables rondes, visites de marchés, d'associations, d'entreprises, chats, buzz sont autant de vecteurs pour lancer une campagne. Pourquoi vouloir absolument organiser une grand-messe à destination des militants UMP, qui se sont d'ailleurs fait prier pour y assister?

Bref, au-delà des considérations politiques, suivez la campagne de Pécresse pour les régionales, ça promet encore quelques belles tranches de rire...A défaut de pouvoir suivre celle de Huchon, qu'on attend encore...

jeudi 29 octobre 2009

Les transports franciliens - mode d'emploi - 2

* Le mal-élevé

Il y a quelques années, dans le métro, les gens se levaient des strapontins quand la rame commençait à se remplir.

De nos jours, de plus en plus souvent, on voit fleurir des rebelles qui ignorent le petit panneau de courtoisie indiquant la phrase suivante: "en cas d'affluence, merci de ne pas utiliser les strapontins".

Quand vous êtes vous-même confortablement installé sur un siège classique, ce n'est pas votre problème. Encore que...

Quand vous commencez à vos sentir à l'étroit et que la personne qui est assise sur le strapontin à côté de vous ne se donne pas la peine se lever pour vous faire un peu de place, ça commence à devenir agaçant. Trois solutions.

- Vous dites à haute et intelligible voix à la personne qui vous accompagne que vous déplorez le temps où les gens étaient polis et se levaient pour faire de la place à leur contemporains. Pour avoir déjà essayé, ça fonctionne quelquefois, mais c'est peu probant, surtout si votre malotru est pourvu d'un I-Pod.

- Vous vous rapprochez de la personne assise et lui écrasez les orteils à plusieurs reprises avec un petit sourire désolé, du genre "excusez-moi mais comme il y a du monde, on me pousse..."

- La meilleure technique est encore de vous accrochez au montant du siège situé derrière votre impoli, lui infligeant la vue de votre aisselle à dix centimètres de son visage. Peu importe si votre déodorant est très efficace. Je ne connais personne qui attend de le savoir, en fait, et qui voyage plus de dix secondes avec l'aisselle d'un inconnu au-dessus du nez.