lundi 18 janvier 2010

De la diversité en politique


Anne-Sophie Lapix anime tous les dimanches une excellente émission politique, en clair sur Canal +, "Dimanche +". Au premier abord, on songerait plutôt à elle pour retourner les lettres à "La Roue de la Fortune". Mais il ne faut pas se fier à son physique de Barbie girl. C'est une des plus redoutables journalistes politiques de la chaîne. Ses questions ne sont jamais complaisantes. Contrairement à d'autres, elle ne sert pas la soupe à ses invités avec des interviews construites dans le seul but de leur permettre de faire leur com'. J'entendais récemment une journaliste radio, prétendument objective, demander à un responsable politique de gauche si selon lui, la suppression de la taxe professionnelle allait conduire à une "recentralisation" et à un amoindrissement de la démocratie locale...Bien évidemment, vu sous l'angle de la "suppression" et non de la "réforme", on ne peut que répondre "oui, bien sûr" à la question posée...Le travail du journaliste ne serait-il pas justement d'interroger la pertinence d'un discours politique plutôt que de se borner à le relayer?

Anne-Sophie Lapix, à ce titre, est au-dessus de la mêlée. Face à des invités qui manient souvent très bien la langue de bois, elle a l'art de mettre en relief les discours télécommandés et les "clefs de langage" qui structurent les interventions de nos politiques. Les réponses tournent en rond, esquivent le sujet et se font de moins en moins cohérentes et précises. L'invité est piégé: il a répondu à côté de la question et tout le monde s'en est aperçu. Ce dimanche, Jospin n'a pas échappé à la règle. Anne-Sophie Lapix l'a interrogé sur une déclaration d'Eric Besson, qui disait que la raison principale de l'échec du PS en 2002, ça n'avait pas été de surestimer le bilan des cinq années précédentes, mais de s'être coupé du peuple et des sujets de préoccupation des citoyens. Besson est peut-être un homme qui a retourné sa veste, mais l'analyse est plutôt juste et continue à être d'actualité. Le PS préfère refuser de débattre sur un sujet qui fâche, en prenant le risque de voir émerger à nouveau un vote FN dans un prochain scrutin, plutôt que de mettre ledit sujet sur la table en exposant ses idées et ses propositions. Exactement ce qu'ils avaient fait en 2002. Et Jospin, plutôt que de répondre à la question posée, rétorque qu'il ne parle plus d'Eric Besson et qu'il préfère commenter l'affaire Mrs Robinson en Irlande du Nord. Pathétique pirouette d'un homme politique qui n'en finit pas de ne pas comprendre qu'on ne peut gouverner si l'on méprise les inquiétudes des citoyens.

Le débat sur l'identité nationale est peut-être dicté par l'exécutif, pour des raisons politiciennes. Certes. Il n'empêche qu'en démocratie, c'est la majorité au pouvoir qui fixe l'agenda. Pas moyen de s'y soustraire, que ce soit sur les bancs de l'Assemblée ou dans les journaux. Refuser un débat au motif qu'il pourrait véhiculer des prises de position racistes, c'est laisser le champ libre à la diffusion de ces opinions. C'est également sous-entendre que le seul fait d'évoquer ce qui fonde l'appartenance à un peuple fait de vous un horrible facho-nationaliste. Pas étonnant que des milliers de gens se détournent d'un parti qui pratique le délit d'opinion. Oui, on peut parler d'identité française sans être nationaliste et sans vouloir exclure les Français d'origine étrangère de la nation. Le peuple français de 2010 n'est pas celui de 1950. On peut être Noir et Français, musulman et Français, asiatique et Français, avoir un patronyme à consonance portugaise et Français. Il serait peut-être bon de le dire haut et fort, non?

Pour revenir au sujet qui m'intéresse, je vous invite à visionner l'interview de Lionel Jospin et du reportage qui la précède, en suivant ce lien.

On y parle de diversité en politique et on loue les socialistes qui auraient enfin compris qu'il était "impossible de gagner une élection en négligeant les communautés" (sic). Que je rassure tout de suite Canal + et ses téléspectateurs, ça fait longtemps que le PS, comme tous les autres partis, pratique le clientélisme, que ce soit à destination des profs, des cheminots, des étudiants, etc...La seule nouveauté ici, c'est qu'il ne chouchoute plus une catégorie socio-professionnelle en particulier, mais des "communautés". Est-ce meilleur pour la démocratie?...

En effet, le PS a investi deux têtes de listes issues de la diversité pour les régionales en Ile-de-France, Ali Soumaré, élu de Villiers-le-Bel (95) et Abdelhak Kachouri, maire-adjoint à Saint-Ouen (93). J'aime beaucoup Canal + et j'ai dit dans les lignes qui précèdent tout le bien que je pense de cette émission. Néanmoins, le message qui passe dans ce reportage est: "on investit des Blacks et des Rebeus pour aller chercher l'électorat des cités et les communautés". Messieurs Soumaré et Kachouri, vous êtes donc, selon Canal +, la caution "arc-en-ciel" du Parti Socialiste. Ne vous attendez donc pas à représenter un jour les citoyens de cette région et de ce pays. Vous ne représenterez que la frange "communautaire" car vous avez été élus pour ça. Parlez de sécurité urbaine et d'animation de quartier, c'est votre milieu, c'est ce que vous connaissez. Et laissez les énarques et les sciences poteux blancs proposer leurs idées sur l'éducation, sur les finances, sur la dette publique, sur l'emploi et le développement économique. Ne sortez pas de votre quartier en somme, vous ne représentez pas la France. Seulement ses banlieues...

Je déplore ce genre de reportage qui, sous couvert de louer l'ouverture à la diversité de la politique, continue à enfoncer dans la tête des citoyens une idée extrêmement gênante à mes yeux: un Noir ou un Arabe n'est bon qu'à parler des cités, et les habitants de ces cités ne peuvent faire confiance qu'à l'un "des leurs".

Quant aux interviews des journalistes du côté de l'UMP, c'est assez risible aussi: ils vont interroger Kamel Hamza, qui se plaint de ne pas avoir été choisi pour représenter la diversité sur la liste UMP en Seine Saint-Denis. Fort heureusement, a-t-on envie de dire, quand on a déjà approché le bonhomme. Il faut préciser, pour bien faire, que l'énergumène est l'attaché parlementaire d'Eric Raoult, dont j'ai déjà eu l'occasion de narrer les aventures sur ce blog. Ledit Raoult a juré d'être Ministre de l'Outremer et rêve chaque nuit de voir la blonde Pécresse perdre les élections régionales et choir de son piédestal. L'amer constat d'Hamza n'a donc rien à voir avec la diversité politique. C'est Raoult qui tacle Pécresse par le truchement de sa marionnette.

Le choix des candidats pour une élection devrait être motivée non par la couleur de peau, l'origine "communautaire" ou le sexe des gens, mais bel et bien par leur compétence et leur envie d'être au service de l'intérêt général. Je ne doute pas un seul instant que ce soit le cas d'Ali Soumaré et d'Abdelhak Kachouri, légitimes dans leur parti et dans leur ville. Mais le travail d'un media sérieux serait de rappeler que cette légitimité vient de leur travail d'élu et de militant, et pas de leur origine ethnique et/ou sociale.

mardi 5 janvier 2010

Welcome home!


Lundi 4 janvier 2010, 8h30. Je hâte le pas pour attraper mon RER. A la gare, l'escalator est en panne, et je me dis que grimper les escaliers sera bon pour mon petit coeur et pour mes petites jambes après ces deux semaines d'agapes...La positive attitude, en somme. L'art d'attaquer la reprise de bonne humeur.

Je marche jusqu'au bout du quai, au niveau de l'arrière des trains, pour être au plus près de la sortie à la gare où je descends. Le train arrive...Ô surprise! Il est court ce matin! Dans le jargon des usagers quotidiens des transports franciliens, un train court signifie qu'il n'est formé que d'une seule rame.

Les trains composés de deux rames passent en général aux heures de pointe. Je regarde ma montre. Nous sommes bien le lundi 4 janvier 2010, il est 8h35. Heure de pointe. Je commence à courir pour revenir au niveau de la première (et unique) rame. 100 personnes font la même chose que moi et s'agglutinent devant les portes du train. Les wagons sont déjà bondés. Je renonce à l'idée de monter dans celui-ci et me résous à attendre le suivant. Un quart d'heure d'attente. Il fait - 5°C. Positive attitude. Le froid, c'est vivifiant et ça oblige mon organisme à dépenser des calories. Je mincis en attendant mon RER, en somme. Les bonnes résolutions se mettent en application dès la rentrée!

Arrivée à la gare de B. Je cours pour attraper ma correspondance avec le tram. Dans le lointain, je vois les phares du véhicule briller. Bon timing, me dis-je...Le tram arrive péniblement. Feux de détresse allumés...Mauvais signe.

Il s'arrête à la hauteur du quai, mais les portes restent fermées. Quelques personnes insistent sur les ouvertures, appuyant frénétiquement sur les boutons des portes. Puis le tram s'éloigne. Sur le tableau d'affichage, nous lisons qu'il nous faut attendre le suivant..7 minutes plus tard...Il fait toujours - 5°C. Mes hanches se raffermissent maintenant à vue d'oeil. Positive attitude!

Enfin, j'arrive à destination, avec 20 minutes de retard sur mon horaire habituel, sans panne de réveil ni lourdeur intempestive dans les jambes causée par un abus de chocolat et/ou une flemmardise aiguë de rentrée. Rien de tout cela.

A la sortie du tram, mes tibias sont percutés violemment par une poussette. Dans le prolongement du véhicule d'enfant, une jeune femme d'une trentaine d'année essaie désespérément de forcer le passage, se servant du landau comme d'un bélier à roulettes. J'hésite un instant à lui expliquer les règles élémentaires qui régissent la mécanique des fluides, et qui s'appliquent fort bien aux flux de passagers entrant et sortant d'un train ou d'un bus. Il faut vider pour mieux remplir...Pas le temps pour un cours de physique. Mon voisin de derrière passe à l'application directe en me poussant vers la sortie. Je l'entends siffler une insanité entre ses dents, sans savoir si elle est adressée à la conductrice de la poussette-bélier ou bien à moi-même, sans doute pas assez rapide à son goût dans l'exercice d'évacuation du tram.

Une fois sur le trottoir, je prends une grande bouffée d'air glacial. La positive attitude ne tiendra pas une semaine à ce régime!

Vous comprenez maintenant pourquoi les Franciliens font la gueule dans les transports en commun?

Mais en attendant de retrouver un visage fermé et hostile le matin dans le RER, je vous souhaite une excellente année 2010!

mercredi 16 décembre 2009

Jour ordinaire de grève à la RATP...


Depuis 7 jour, les conducteurs de la ligne A du RER, gérée par la RATP, ont débrayé. Afin d'assurer le service minimum, ce sont les cadres et les agents de maîtrise qui aident les conducteurs non grévistes à assurer au minimum un train sur deux en période de pointe.

En heures creuses, en revanche, le trafic est quasi-nul.

Il y a deux jours, les usagers ont demandé à ce que la grève soit suspendue en raison du froid. En effet, si les gares parisiennes sont enterrées pour la plupart, à l'abri du froid, les quai en banlieue sont à l'air libre, pas toujours couverts, et attendre 20, 30 ou 40 minutes quand les températures descendent sous le zéro est une manière assez peu agréable de commencer ou de finir sa journée de travail. Sans compter toutes les conséquences pour la santé: c'est encore le meilleur moyen de finir sous sa couette à greloter avec 40°C de température...

Rien n'y a fait. Les syndicats n'en démordent pas. Ils réclament une prime permanente de 120€ mensuels et une prime de 30€ variable, motivée par la dégradation des conditions de travail ces dernières années, due à l'explosion du trafic. Par exemple, en 2003, il y a eu, sur le RER A, 7 jours où le trafic a atteint le million de voyageurs. En 2009, il y a déjà eu 180 jours à un million de voyageurs.

Certes. Cependant, ce qui me chafouine dans l'histoire, c'est qu'on n'entend pas les conducteurs demander une rénovation et une amélioration du réseau de transports franciliens. Bien évidemment, ça n'est pas leur rôle.

Mais les usagers paient chaque année leur abonnement un peu plus cher, pour voir les conditions de transport se dégrader dans les mêmes proportions. Je vous passe les trains bondés, ceux qui sont annulés sans raison, les travaux annoncés à la dernière minute qui vous font courir d'une gare à l'autre pour pouvoir attraper votre RER, ou encore les correspondances tellement bien assurées qu'en descendant du train, vous attendez 15 minutes votre bus, ou vous le voyez passer sous votre nez.

Les conducteurs veulent donc être payés plus pour supporter des conditions de travail qui se dégradent. Soit. Dans cette même logique, nous devrions demander à payer moins cher notre abonnement ou notre ticket, pour les mêmes raisons...La loi sur le service minimum stipule que le remboursement des titres de transport n'intervient que dans le cas où le fameux "train sur deux" n'est pas assuré aux heures de pointe. Donc, si vous bossez en décalé, que vous prenez les transports en heures creuses et que vous doublez ou triplez votre temps de transport tous les jours, vous êtes le dindon de la farce.

Ajoutez à cela que la Régie, pour l'instant, exclut tout geste commercial, dans la mesure où elle assure le service minimum.

Pour l'instant, la direction de la RATP n'envisage pas de céder à la pression des conducteurs. Pour l'instant...

Si elle cède, j'invite les usagers à demander un remboursement au moins partiel de leur abonnement. Oui, soyons logiques jusqu'au bout. Si on paye plus cher les conducteurs pour travailler sur des lignes bondées, on devrait aussi dédommager financièrement les voyageurs.

Les conséquences seraient ubuesques, bien évidemment. Un réseau de transport qui coûterait chaque jour plus cher à la RATP, à la SNCF et au STIF. Cela dit, ce serait peut-être par un mécanisme aussi pervers que l'on réussirait à obtenir une rénovation et une amélioration profondes du réseau.

Comment? Les usagers ne peuvent pas se mettre en grève? Non, c'est sûr, je me vois mal menacer par préavis la RATP ou la SNCF de prendre mon vélo pour aller travailler tous les jours jusqu'à nouvel ordre. D'autant que ça ne changerait rien au prix de mon pass Navigo.

Cela dit, nous sommes dans un pays civilisé. L'épreuve de force n'est pas toujours le seul moyen d'obtenir gain de cause.

Du moins osé-je l'espérer...

dimanche 6 décembre 2009

Dimanche 6 décembre, jour de Saint-Nicolas



Le 6 décembre est un jour un peu particulier pour les Lorrains, et plus largement pour les habitants de la "Grande Région" (entre Rhin, Moselle, Sarre et Meuse, entre France, Allemagne, Belgique et Luxembourg). Saint Nicolas, que les Bataves appelèrent Santa Niklaus puis Santa Klaus, est l'ancêtre religieux de notre père Noël laïc et consumériste. Mais il n'est point question ici de discuter la portée sociétale et économique des fêtes de fin d'année.

Je saisis simplement cette occasion pour laisser libre cours à la nostalgie de mon enfance et de ma région, et souhaiter une joyeuse Saint Nicolas à tous ceux pour qui ce jour évoque l'odeur du pain d'épice, la saveur des papillotes fourrées au praliné et le défilé du vénérable évêque flanqué de son compère Fouettard.

Pour la petite histoire, Saint Nicolas, évêque de Myre, n'a jamais mis les pieds dans nos contrées rudes et continentales de son vivant. Il est né en Lycie, qui se trouve être dans l'actuelle Turquie, en bordure de Méditerranée, dans sa partie asiatique. Il a vécu entre 270 et 345 après JC. De sa vie réelle en tant qu'homme, et en tant qu'évêque, on ne sait pas grand chose. C'est son hagiographie qui est passée à la postérité.

En effet, le vénérable évêque aurait gagné ses galons de "saint patron des écoliers", à l'occasion d'une innocente balade à la campagne. Il vint à passer chez un boucher qui n'avait rien trouvé de mieux, sept ans plus tôt, que d'assassiner, de découper et de transformer en petit salé trois enfants qui s'étaient perdus, puis réfugiés dans son échoppe. Les raisons qui poussèrent un boucher de campagne au IVème siècle après JC à se livrer à ces sortes de loisirs pour le moins étonnants ne sont pas mentionnées dans la légende. Toujours est-il que Nicolas, pas dupe, demanda à ce que le boucher lui servît ce fameux salé, et pas un autre. Démasqué, le tâcheron s'enfuit et Nicolas, d'un coup de crosse magique, ressuscita les gosses.

Dans certaines traditions, le boucher fut puni pour l'éternité et condamné à accompagner Saint Nicolas dans ses visites annuelles aux petits enfants en prenant la forme du Père Fouettard, chargé de punir à coups de baguettes de noisetier les plus désobéissants.

Par contre, c'est après sa mort que Saint Nicolas met les pieds en Lorraine, ou plutôt le doigt.

A la fin du XIème siècle, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville, entreprit de voyager jusqu'à Bari, dans le sud de l'Italie, où les restes du saint venaient d'être transférés. La relique dans son entier était bien conservée et le pape avait expressément interdit qu'on l'approchât. En effet, le trafic des reliques avait pris un essor considérable à l'époque. Pour convaincre les nobles et les clercs venus pour l'occasion qu'il s'agissait bien des restes du vénéré évêque de Myre, il en exhibait seulement la "dextre bénissante". Une phalange, en somme.

Le chevalier de Varangéville ne fit rien d'autre que de soustraire le saint morceau à la garde du pape Urbain II, et de l'emporter séance tenante en Lorraine, où l'on entreprit l'érection d'une basilique pour le conserver et le faire adorer par les fidèles.

Néanmoins, bien mal acquis ne profitant jamais, il fallait que le saint montre que le vol de sa phalange était l'expression de sa volonté propre et non contrainte. C'est ainsi qu'en 1240, un autre chevalier lorrain, Cunon de Réchicourt, emprisonné dix ans plus tôt à Jérusalem lors de la 6ème croisade, se vit libéré miraculeusement après avoir prié l'intercession de Saint Nicolas. L'heureux homme, s'étant endormi dans sa cellule, se réveilla sur les marches de la basilique Saint Nicolas, en Lorraine. Ses chaines tombèrent pendant la messe qu'il fit célébrer séance tenante.

A la suite de cet épisode miraculeux, le culte de Saint Nicolas ne cessa de grandir en Lorraine. Car, de bien entendu, il ne pouvait s'agir d'autre chose que d'une marque d'estime du bienheureux évêque envers le brave peuple lorrain. Saint Nicolas, déjà saint patron des écoliers, et plus largement des enfants, devint le saint protecteur des Lorrains. Et continua à nous apporter, chaque année, ses délicieux pains d'épices à son effigie....

Dans ces deux légendes, on remarque que Nicolas prend toujours le temps de la réflexion avant d'agir: 7 ans pour ressusciter les mômes, 10 pour libérer le chevalier...Ce n'est pas forcément la caractéristique première de certains de ses illustres homonymes contemporains, mais je m'égare...

Ci-dessous, une jolie comptine de Saint Nicolas qui vous rappellera sans doutes quelques souvenirs

"Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Tant sont allés, tant sont venus
Que le soir se sont perdus
Ils sont allés chez le boucher
Boucher, voudrais-tu nous loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Ils n'étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués
Les a coupés en p'tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Saint Nicolas au bout d'sept ans
Vint à passer dedans ce champ
Alla frapper chez le boucher
Boucher, voudrais-tu me loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Entrez, entrez Saint Nicolas
Il y a de la place, il n'en manque pas
Il n'était pas sitôt entré
Qu'il a demandé à souper

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Du p'tit salé, je veux avoir
Qu'il y a sept ans qu'est dans le saloir
Quand le boucher entendit ça
Hors de la porte il s'enfuya

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Boucher, boucher, ne t'enfuis pas
repens-toi, Dieu te pardonnera
Saint Nicolas alla s'assoir
Dessus le bord de ce saloir

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Petits enfants qui dormez là
Je suis le grand Saint Nicolas
Et le Saint étendant trois doigts
Les petits se lèvent tous les trois

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
Le premier dit "j'ai bien dormi"
Le second dit "Et moi aussi"
Et le troisième répondit
"Je me croyais au Paradis"


En photo, le défilé de Saint Nicolas à Nancy en 2005.

mercredi 2 décembre 2009

Ile-de-France 2010: le jeu des chaises musicales


Je vais encore une fois ici parler de politique, mais vous aurez deviné que c'est mon dada. Je veux bien m'essayer à un post sur le football ou les courses de Noël, mais ma pertinence (oui, j'ai la faiblesse de penser que je maîtrise un peu mon sujet) en serait réduite d'autant.

Aujourd'hui, nous allons donc étudier les têtes de liste et les cailloux qui, ça et là, vont aller se loger dans les chaussures de nos chers politiques.

Présentons tout d'abord les forces en puissance:

- A gauche, le président sortant de la région est Jean-Paul Huchon (dit Polochon), ancien directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon, ancien maire de Conflans Sainte Honorine (Yvelines), en place dans le fauteuil depuis 1998. Malgré un CV plutôt bien rempli, le charisme ostréicole de Polochon peine à se faire une place au soleil parmi les ténors socialistes franciliens. Côté casseroles, ça n'est pas encore le pedigree de Jacques Chirac, mais ça n'est pas reluisant non plus. Le 21 novembre 2008, Jean-Paul Huchon a été condamné en appel à 6 mois de prison avec sursis et 60 000€ d'amende pour prise illégale d'intérêts lors de marchés publics. Pour faire simple, le Conseil régional avait fait appel entre 2002 et 2003 à des sociétés de com' qui employaient...la propre femme de M. Huchon! La sentence en première instance contenait une peine d'inéligibilité qui a été abandonnée en appel.

- A gauche aussi, Cécile Duflot, la nouvelle égérie des Verts. A 34 ans, l'adjointe au maire en charge de l'urbanisme de Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne) est actuellement le poil à gratter de Polochon. Grâce à "Europe Ecologie", le rassemblement monté pour les européennes de 2009, réunissant toutes les formations, associations et personnalités sensibles aux problèmes environnementaux, elle a fait sortir les écolos de l'image de gentils rêveurs fumeurs de pétards et mangeurs de légumes bio où les avaient jetés les José Bové et Noël Mamère. La nouvelle crédibilité des Verts, c'est elle. A tel point qu'elle ne craint pas de faire cavalier seul pour les régionales, forte du récent succès d'Europe Ecologie aux européennes, ce qui ennuie beaucoup ses amis socialistes. D'habitude, ces derniers réservaient la portion congrue aux écolos, en leur remontrant qu'ils n'atteindraient jamais les 5% des voix nécessaires pour pouvoir fusionner les listes après le premier tour. Résultat, les Verts négociaient une ou deux places éligibles sur la liste socialiste. Ces derniers, magnanimes, leur concédaient une vice-présidence en cas d'élection. Là, le récent succès électoral d'Europe Ecologie aux européennes perturbe sérieusement la donne. Les socialistes risquent de se retrouver en position de quémandeurs de sièges, et ça file des cauchemars à Polochon...

- A droite, Valérie Pécresse, la rescapée de primaires à l'UMP qui ont failli tourner au pugilat. Cette surdouée, ancienne élève d'HEC et de l'ENA, est Ministre de l'Enseignement supérieur depuis 2007. Elle est députée des Yvelines et conseillère régionale. Pécresse prône le renouvellement politique, ce qui fait grincer pas mal de dents à l'UMP, et notamment les dentiers des vieux barons du RPR.
Côté casseroles, pas grand chose si ce n'est un début de campagne poussif, voire même comique.

- Côté centristes, André Santini, pour le Nouveau Centre, a fait alliance avec l'UMP en négociant plutôt bien quelques têtes de listes départementales.
François Bayrou, pour le Modem, nous a sorti de son chapeau orange un illustre inconnu, issu de la société civile, Alain Dolium. Le pauvre novice va se faire manger tout cru par les fauves lâchés dans l'arène de la campagne électorale. Déjà, les médias et le Mouvement Démocrate trouvent formidable qu'il soit noir, ce qui augure un cortège plutôt fourni en vexations, remarques acerbes et a prioris en tous genres. Pour promouvoir la diversité, en politique comme ailleurs, rien n'est plus efficace que de faire comme si c'était tout à fait normal qu'un noir, une personne d'origine asiatique, zouloue ou iroquoise occupe des foncions importantes. Car ça l'est. Est-ce qu'on fait campagne sur la couleur de cheveux de Valérie Pécresse? Non. J'espère sincèrement qu'on ne verra de cet homme que sa couleur politique, pendant cette campagne, mais j'en doute...

Côtés listes départementales, quelques couacs:

- Rama Yade, sommée de se parachuter dans le Val d'Oise (il est vrai que l'énarque et la fille de diplomates qu'elle est aurait sans doute fait couleur locale à Enghein-les-Bains ou à Montmorency...), a tenu bon et sera finalement en lice dans les Hauts-de-Seine, son département.

- Julien Dray, député socialiste de l'Essonne est aujourd'hui le pestiféré de son mouvement. Conseiller régional sortant, vice-président en charge de la Jeunesse, il fait l'objet d'une enquête judiciaire pour abus de biens sociaux. Julien Dray, amateur de jolies choses et notamment de montres de luxe, semble avoir eu quelques soucis à gérer ses revenus par le passé et s'être servi de plusieurs associations pour traverser une mauvaise passe financière. L'enquête est toujours en cours. Dray ne nie pas être un mauvais gestionnaire de ses biens personnels et un flambeur, mais il réfute les soupçons de détournements de fonds publics.
Néanmoins, un député socialiste amateur de bling-bling et soupçonné de fraude pour maintenir un train de vie de nabab, ça fait tache chez ses camarades. Dray a eu beau protester, brandir la présomption d'innocence, rien n'y a fait. Il ne figurera pas sur la liste socialiste dans l'Essonne. Chez les roses, on peut être riche, mais il ne faut surtout pas que ça se sache...

- En Seine-Saint-Denis, le député-maire du Raincy bien connu des lecteurs de ce blog a encore fait son Raoult. Après s'être assuré que personne ne briguerait la tête de liste UMP dans le département (personne n'est assez fou pour s'opposer au patron de la fédé départementale, grand gardien des investitures), il s'est posé comme le superhéros qui s'y collait pour sauver son territoire d'un parachutage fort mal venu.
Sauf qu'en haut lieu, personne n'en veut, pas plus Pécresse que le Château. Résultat: le choixpeau magique de Valérie Pécresse a sorti...Patrick Toulmet, président de la Chambre de Commerce et d'Artisanat de Seine-Saint-Denis, sans étiquette, élu municipal d'opposition à Sarcelles. Oui, je confirme, Sarcelles n'est pas en Seine-Saint-Denis, mais dans le Val d'Oise. Le plus drôle, c'est que la nouvelle tête de liste départementale de l'UMP se répand en louanges dans la presse sur l'action de...Polochon, notre actuel président de région, socialiste, vous vous rappelez? Polochon, il ne fait pas campagne et il a bien raison: l'opposition le fait pour lui!
Côté rouges (je rappelle que le 93 est un ancien fief communiste), ça sent le sauve-qui-peut général, entre ceux qui guignent du côté du Parti de Gauche de Mélenchon, et ceux qui, à l'instar du jeune maire de Sevran, Stéphane Gatignon, en ont marre d'attendre que Marie-George fasse sa Perestroïka et vont proposer bruyamment leurs services à Europe Ecologie...

A suivre donc, puisque la composition des listes va bientôt être connue.

Détail important: les élections régionales auront lieu les 14 et 21 mars 2010.

mardi 1 décembre 2009

Le 93, les Roms et les bonnes paroles


S'il est une population dont vous prenez conscience de l'existence en arrivant en région parisienne, et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis, ce sont les Roms. Ces populations de tradition nomade arrivent le plus souvent des Balkans. Dans des caravanes, des habitations de fortune, ils vivent dans des "camps roms", installés sur des terrains en friche.

Le camp rom qui me frappe le plus aujourd'hui est celui de Bobigny. Aux abords du pont de Bondy, les caravanes se sont multipliées au fil des mois, allant jusqu'à former un véritable bidonville. Car c'est bien de bidonville qu'il s'agit. Ces gens vivent dans une extrême pauvreté, sur des terrains peu ou pas aménagés, dans le froid, la saleté, l'humidité. A l'approche de l'hiver, s'y installent également des tentes. Au bord de la nationale 3, aux abords de la ligne de tram n°1, en surplomb des berges du canal de l'Ourcq, le bidonville grandit.

Est-il possible d'imaginer les conditions de vie dans ces caravanes? Quand, frileusement, rentrant chez moi le soir, je pousse la porte de mon appartement bien chauffé, je me jette sous la douche, je me fais un café, que puis-je savoir de la vie dans une caravane montée de bric et de broc, avec des vitres fendues, où les toilettes sont dans des algeco, où le linge "sèche" sur des fils à l'extérieur, en plein mois de novembre, où il n'y a ni eau courante ni électricité? Rien.

A Montreuil, également, des bidonvilles se créent et se défont au rythme des installations et des expulsions. Car il faut savoir qu'un bidonville "sauvage" pose un problème d'ordre public et de sécurité. Outre tous les problèmes qui se posent aux riverains (pas d'évacuation des déchets, nuisances sonores, etc...)et aux mairies (recensement des populations pour la scolarisation des enfants, accès aux soins), ça flambe rapidement, une caravane. En mai dernier, un petit garçon de sept ans est décédé dans l'incendie d'un entrepôt désaffecté de Bobigny où s'étaient installées une centaine de caravanes. Cependant, c'est toujours délicat, l'expulsion d'un camp rom,et ce pour plusieurs raisons.

D'une part, l'expulsion (et l'arasement) d'un camp ne fait que déplacer le problème. Il est impossible, compte-tenu des problèmes de logement que connaît le département, de reloger ces personnes, ni en accueil d'urgence, ni en logement social. Les Roms expulsés ne font donc que se balader d'un terrain dangereux à l'autre.

Pour l'exemple, à l'été 2008, le plus grand bidonville de France, situé en bordure du périphérique, à Saint-Ouen, a été rasé, laissant sur le carreau plus de 500 personnes. Sur les 633 personnes du camp, seule une centaine a en effet été relogée...

D'autre part, l'expulsion pose un problème politique criant quand on déloge un camp rom pour "cacher" la pauvreté et la misère de ces gens aux yeux du beau monde.

Le 11 mars dernier, Nicolas Sarkozy était en visite à Vaujours, ce qui s'est traduit par l'expulsion manu militari de quelques caravanes qui s'étaient installées à proximité du passage présidentiel, à Sevran, sur un terrain de RFF.

"Ouh le vilain président de droite qui ne veut pas voir la misère!" a-t-on entendu à l'époque...

La semaine dernière, à l'occasion du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, le camp rom qui se trouvait en face de l'entrée VIP de la manifestation a été balayé par les bulldozers. Ses occupants ont été "relogés" dans des tentes à quelques mètres de là, hors de la vue des visiteurs illustres, tels le député et président du Conseil Général PS de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, le président PS de la région Il-de-France, Jean-Paul Huchon (Polochon pour les intimes, rapport à sa ressemblance physique avec l'inspecteur Derrick et à ses propriétés soporifiques) ou encore la sénatrice-maire de Montreuil, la Verte Dominique Voynet.

Ni la droite, ni la gauche ne détiennent encore la solution miracle d'un problème insoluble: la résorption de la grande pauvreté. Cependant, il serait de bon ton d'éviter de donner des leçons d'humanisme et de rester humble face à des situations qui mériteraient une prise en compte plutôt qu'une utilisation politique.

cf cet article: http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article12273

mardi 10 novembre 2009

Eric Raoult ou celui qui fait toujours trop


Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, a cru encore une fois faire assaut de subtilité et de finesse, en demandant par écrit au Ministre de la Culture ce "qu'il comptait faire" concernant les propos "inacceptables" que Marie NDiaye, notre prix Goncourt, a tenu au magazine les Inrocks.

Pour savoir de quoi il s'agit, suivez ce lien: http://bibliobs.nouvelobs.com/20091109/15794/eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve

Eric Raoult, il fait un peu penser au fayot, dans une classe. Celui qui en fait des tonnes pour plaire au professeur et qui ne parvient pas à se faire aimer. Raoult, à chaque fois qu'il fait quelque chose, il est à côté de la plaque, c'est plus fort que lui.

Janvier 2009: les primaires au sein de l'UMP commencent pour désigner la tête de liste aux élections régionales 2010. Eric Raoult a été désigné porte-parole de campagne de Roger Karoutchi, l'ancien secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, et actuel président de l'opposition au sein du Conseil Régional d'Ile-de-France.

Le premier débat doit se tenir au Raincy, fief de notre député-fayot.

A l'UMP, le mot d'ordre est clair: on n'est pas le PS, on peut désigner un candidat à une élection sans que ça devienne la foire d'empoigne. Il faut apparaître unis.
Pour les débats qui sont prévus (un par département au départ), pas question de se déplacer avec des cars de supporters de l'un ou l'autre candidat. On sortira les t-shirts et les banderoles plus tard, quand le candidat aura été désigné. En attendant, on vient écouter sagement ce que chacun a à proposer.

On ne sait pas ce que Raoult n'a pas compris dans le mot d'ordre. Toujours est-il qu'au Raincy, devant les journalistes, ont débarqué des dizaines de militants arborant les couleurs de Roger Karoutchi, manifestant bruyamment leur enthousiasme et surtout, leur réprobation à l'endroit de son adversaire. Pécresse s'est faite insulter par des militants UMP devant les caméras et ça, elle ne l'a toujours pas digéré.

Le Président de la République non plus, d'ailleurs, à qui des bruits de couloir attribuent des mots très durs à l'endroit d'Eric Raoult. "Passez-moi ce connard! aurait-il demandé à un de ses collaborateur le soir du débat, avant de souffler dans les bronches dudit connard par combiné interposé.

Juin 2009: Eric Raoult est nommé rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur le port de la burka. Tout le monde s'attend à un dérapage car le député n'est pas avare de bons mots. Il s'est d'ailleurs fait décerner le "Y'a bon award", récompense teintée d'humour noir qui couronne les propos et attitudes les plus racistes, "pour l'ensemble de son oeuvre". Non qu'il soit particulièrement xénophobe, mais il ne rate pas une occasion de faire parler de lui, et ce genre de sortie laisse plus de traces dans les médias qu'une position consensuelle.

Et pourtant, rien. Raoult travaille sur le port de la burka dans le plus grand silence. Que se passe-t-il? Songerait-il à se faire pardonner ses incartades du début d'année? Se voit-il encore ministrable? Il a souvent parlé de l'outre-mer ces derniers temps. "La Poissonnière" (le surnom de son épouse, qui est également sa collaboratrice, dans les couloirs de l'Assemblée Nationale) a-t-elle envie de parfaire son bronzage au soleil des Antilles?

Et hier, patatras. Eric Raoult, croyant défendre l'honneur bafoué du Président, s'indigne sur les propos d'un écrivain et demande en filigrane au Ministre de la Culture de la faire rentrer dans le rang.

Le problème, c'est que Marie NDiaye, jusqu'à preuve du contraire, n'a pas sa carte à l'UMP. Il a du la confondre avec Rama Yade. Que voulez-vous, ces jeunes femmes noires, elles se ressemblent toutes et il commence à en avoir beaucoup, ça ne va pas. Ce n'est pas Hortefeux qui le contredirait là-dessus, du reste.

Blague à part, ce fameux "devoir de réserve" qui devrait sous-tendre les propos médiatiques d'un lauréat du Goncourt n'existe pas. Ni en droit, fort heureusement, ni en fait. On se demande ce qu'aurait dit Raoult si Eric Zemmour avait eu le Goncourt (ça reste heureusement improbable) et qu'il s'était répandu en louanges et dithyrambes sur l'action du Président de la République à longueur de colonne dans le Fig'. Ce qu'il fait déjà, remarquez, mais il n'a pas eu de prix littéraire.

Aurait-il invoqué le devoir de réserve pour faire taire les traits de plume admiratifs et transpirants d'admiration du chantre de la Sarkozie? Lui aurait-il demandé de modérer ses transports au nom du devoir de réserve? C'est peu probable.

Eric Raoult a encore provoqué la consternation de tous, plus particulièrement dans son propre camp. L'UMP commence à se demander s'il n'est pas un transfuge socialiste, tant ses interventions ont furieusement tendance à embarrasser la droite. C'est une nouvelle pierre dans le jardin de l'Elysée, qui s'en serait bien passé, après l'affaire Jean Sarkozy, la fronde de Rama Yade et de Jean-Pierre Raffarin, soutenu par le sénateur-maire des Pavillons-sous-Bois (93), Philippe Dallier et les fuites sur les pressions exercées sur les Guignols de l'Info.

Philippe Dallier, d'ailleurs, fait l'objet d'un article de Marianne cette semaine, qui en fait un "héros qui défie le Président".

Eric Raoult a du être jaloux de son voisin. Lui aussi veut sa double page dans Marianne...Mais bon, pour l'Outre-Mer, il repassera...